La NEIPA, mode ou futur standard de l’IPA?

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Les IPAs du Nord-Est américain, ou NEIPA, ont franchement la cote ces jours-ci. La Nouvelle-Angleterre a réellement pris d’assaut le cœur des amateurs d’houblons mondiaux. On le remarque d’ailleurs dans le top 50 des meilleures IPAs de RateBeer, alors que le top 5 est littéralement occupé par 5 IPAs de la Nouvelle-Angleterre. Certains parlent déjà de révolution de la IPA, alors que d’autres sont un peu moins enchantés par cette tendance. Le présent article cherche à démontrer quels sont les caractéristiques de ce style d’IPA nouveau-genre.

Origines

Étant un style relativement nouveau dans la scène brassicole nord-américaine, la NEIPA n’a pas réellement d’origine définie. Plusieurs brasseries, pas uniquement groupée sur la côte-est des États-Unis, ont commencée à brasser des IPAs non-filtrées, avec une apparence plus trouble, brumeuse, opaque, différant du style plus traditionnel des IPAs, d’un blond plus clair et translucide. La NEIPA se distingue également par son profil de saveurs plus fruité que la moyenne, et moins amère que l’IPA traditionnelle. Bien qu’aucune micro ne s’attribue l’origine, des brasseries fort reconnues dans le nord-est des États-Unis, telles que Trillium et Tree House, toutes deux basées dans le Massachussetts, ont popularisés le style de la NEIPA.

Damn this beer.. how does @treehousebrewco do it?

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Différences au brassage

Bien que les brasseries soient traditionnellement assez discrètes à parler de leurs procédés de brassage, on réussi assez bien à démystifier ce qui diffère chez les NEIPA. En premier lieu, l’ajout de diverses céréales à l’étape de l’empâtage, telles que de l’avoine ou même de la farine, donnant à la bière son apparence trouble. Ensuite, le choix de la levure sera important, les brasseurs cherchant donner à leurs bières une apparence en suspension au sein du liquide. En allant chercher également des levures plus sucrées, les brasseurs réussiront à donner un aspect encore plus fruité aux houblons utilisés lors du brassage.

Et le Québec dans tout ça?

Peu d’exemples frappant de la NEIPA se retrouve sur nos tablettes de manière fréquente, mais déjà quelques bouteilles ont réussi à se frayer un chemin avec grand succès. L’exemple le plus probant demeure la Nordet IPA de la toujours excellente brasserie Auval, qui est parmi les meilleures IPAs au monde selon Ratebeer. La Cyclope Thêta brassée par Dunham à l’occasion du dernier « bottle release » de la brasserie est également un très bon exemple du style, brassée avec grande réussite.

Crédit Photo : Westworld

Les palettes de dégustation : trop, c’est comme pas assez?

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Revenant d’une petite tournée d’une fin de semaine au Vermont dans le but de faire mon pèlerinage annuel dans les meilleurs endroits de ce magnifique État, tout en découvrant toujours des nouveaux lieux tout aussi enchanteurs que les précédents, je m’aperçois que le paysage des pubs, aux États-Unis comme ici, est grandement changeant.  La bière, les brasseries, et les broue-pubs sont grandement populaires, avec une clientèle variée, en sexe et en âge, qui est loin de se résumer aux beer geeks.

La bière artisanale a définitivement la cote, et c’est tant mieux ainsi. Évidemment, le succès des artisans des brasseries attire son lot de consommateurs qui veulent essayer les produits. Et qui dit essai de produits, dit dorénavant palette de dégustation. Beaucoup de brasseries en Amérique du Nord offrant la dégustation sur place offre des palettes de dégustations des bières, pour venir en aide aux éternels indécis qui ne savent pas quoi choisir au menu.

La palette de dégustation a un but noble : dans un univers où il y a de plus en plus de styles différents et où l’éclectisme devient la norme, il devient de plus en plus difficile pour le consommateur régulier d’avoir des repères. Il se replie donc vers la solution la moins risquée : essayer une grande quantité de produits, plutôt que de prendre la chance de vraiment essayer (et potentiellement ne pas aimer) un ou quelques produits.

Cette propension à vouloir tout essayer d’un brasseur se conjugue en ces temps d’hyper-connectivité à un autre phénomène, celui d’Untappd. Avec ses millions d’utilisateurs (ajoutez-moi parmi vos amis!), les gens veulent le plus possible afficher à leur réseau quelles bières ont-ils goûté, à quel endroit, et quel est leur opinion du produit. Il n’y a aucun mal à ça. Mais dans notre recherche de nouvelles bières et de coup de cœur, on oublie parfois que la bière au final, c’est juste de la bière. Dans l’indécision, dans les dizaines, et parfois plus, de choix qu’offrent les pubs et brasseries, tout ce qu’on devrait rechercher, c’est peut-être, tout simplement un bon moment.

L’abondance de choix, dans le monde brassicole comme ailleurs, a ses limites. Ne traitez pas votre prochaine pinte comme si c’était votre dernière, et essayez simplement d’apprécier la chance que l’on a aujourd’hui d’avoir des bières de qualité extraordinaire à portée de main. Tous les pubs de la terre s’en porteront sans doute fort mieux. Et ça ne prendra pas quinze minutes à votre serveur pour remplir votre maudite palette de 8 dégustations !

La bière du dimanche : Benelux – Sabotage

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Sans doute très inspiré par l’ami La tête dans le fût, c’est à mon tour de parler du Benelux. Je l’ai déjà exprimé sur les pages de ce site, j’aime beaucoup la brasserie, selon moi l’une des plus sous-estimées au Québec. Il est probable que le choix de la brasserie de n’embouteiller que des brassins sporadiques de bières plus rares contribue au fait qu’elle ne reçoit pas autant d’attention qu’elle le mériterait dans la province. Sans doute font-ils ce choix pour qu’on aille plus souvent déguster leur bières sur place. Bon plan, parce que l’ambiance aux deux bars (rue Sherbrooke et Wellington) est probablement l’une des plus agréables que je connaisse dans la province.

Trêve de compliments pour parler de la bière du jour, l’une de leurs classiques, la Sabotage, une IPA à l’américaine. Largement reconnue comme l’une des meilleures IPAs brassées au Québec par les amateurs, on peut certainement se demander si elle aurait pu faire la renommée de la brasserie si elle avait été produite et distribuée aux quatre coins du Québec.

La dégustation

Beerz #verdunluv #brewery

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La pinte de Sabotage qui m’est servie au très beau pub du Benelux rue Wellington à Verdun offre une robe blonde, avec une belle effervescence et une grosse carbonatation. Au niveau des arômes, on sent le puissant nez d’houblons rappelant un tout petit peu la senteur du savon, comme certaines IPAs nous provenant du Midwest américain.

En bouche, le sentiment est tout autre, alors que la Sabotage est tout en agrumes, avec notamment des impressions de citron, des ananas et même la mangue viennent tout de suite prendre d’assaut nos papilles. Pour une IPA, l’amertume est réduite au minimum, donnant tout de suite un côté beaucoup plus du nord-est des États-Unis à cette bière. Le corps est très rond, sucré et fruité, ce qui donne une bière fort facile à boire, même à 7% d’alcool. C’est fort tentant d’en prendre plus qu’une à la suite de l’autre.

3,8 / 5

Pour voir ma notation de la Sabotage

Crédit photo : Benelux

Qu’est-ce qu’on boit en automne?

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Qu’est-ce qu’une bonne bière d’automne?

Le temps est gris, il pleut beaucoup, les feuilles oranges et rouges tombent en quantités industrielles dans la rue : c’est officiellement l’automne. Si l’automne n’est pas particulièrement une période heureuse pour la population en général qui doit faire ses adieux aux chaleurs et aux terrasses, les amateurs de bières peuvent se consoler en pouvant dire au revoir aux bières légères fraîches pour dire re-bonjour à des styles différents.

Bien que l’automne brassicole nord-américain est principalement reconnu pour ses bières aux citrouilles qui sont fréquemment des succès au niveau des ventes, peu de styles sont réellement associés à cette saison. C’est comme si on passait de la légèreté d’une blonde faible en alcool et acidulée aux porters robustes et autres stouts impériaux! Cette chronique vise donc à présenter 3 bières qui feront, à mon humble avis, une très bonne transition entre les 30 degrés de l’été et les tuques et mitaines de l’hiver.

Les Trois Mousquetaires – Oktoberfest

Tirée de la plus pure tradition des märzens allemandes qui font la renommée d’un des plus grands festival de bière au monde, l’Oktoberfest des Trois Mousquetaires est habituellement distribuée en septembre, et annonce définitivement le changement de saison qui arrive. D’une belle rondeur, cette bière ambrée, très équilibrée, aux saveurs sucrées et caramélisées vient enchanter n’importe quel amateur de bières de style allemand.

Voir mes notes de dégustation

Loup Rouge – MacKroken Flower

Le retour d’une légende. THE ORIGINAL!!! #mackrokenflower #louprouge #baltjoliette #scotchale #10%

A photo posted by Le Balthazar Joliette (@baltjoliette) on

D’ordinaire plus associées à l’hiver, les scotch ales pour moi représentent une belle transition entre les bières légères d’été et les bières plus lourdes prisées à l’hiver. Malgré ses 10% d’alcool, cette bière brune est uniquement lourde et d’une facilité à boire dangereuse pour n’importe quel dégustateur téméraire. Son côté sucré et floral en bouche lui permet de se démarquer de la scotch ale standard.

Voir mes notes de dégustation

Auberge Sutton Brouerie – Brune Alpine

J’en ai déjà parlé dans une ancienne chronique, mais je me dois d’en reparler étant donné qu’elle vient d’être redistribuée, à tout le moins dans la grande région montréalaise. La Brune Alpine est une excellente bière brune, ultra crémeuse, avec une certaine amertume herbacée, qui vient définitivement chercher le côté plutôt automnal chez moi.

Voir mes notes de dégustation

Et vous, quelles sont vos bières favorites d’automne?

La bière du dimanche : Dieu du Ciel! – Isseki Nicho

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Toujours difficile pour moi de faire une critique des produits de Dieu du Ciel!. La brasserie qui a pignon sur rue sur Laurier est l’une des premières dont j’ai véritablement essayé plusieurs produits en bouteilles. Pionnière à plusieurs aspects, Dieu du Ciel! a réellement réussi à éduquer une grande population sur les multiples styles de bières, et à le faire en brassant d’innombrables classiques.

Aujourd’hui, on essaie la version 2016 de l’Isseki Nicho, une saison noire impériale, produit momentum du mois d’octobre de leur portfolio. Une saison noire impériale, qu’est-ce que c’est? À part être une description complexe d’un produit, il s’agit d’une bière brassée avec le malt d’un stout impérial (donc forte en alcool), avec la levure d’une saison. La bière a été créée en collaboration avec la brasserie japonaise Shiga Kogen, alors que le brasseur en chef de la brasserie était nul autre que Luc « Bim » Lafontaine.

La critique

La bouteille d’Isseki Nicho laisse couler sans surprise une bière noire, avec une petite carbonatation et peu d’effervescence. Au nez, c’est le grain de stout qui prend le plus de place, avec un bon arôme de malt torréfié qui prend d’assaut les narines. Une impression d’amertume vient en second plan, rappelant les agrumes. La fusion des deux indique que la Isseki Nicho aura une belle complexité.

Cette complexité au nez annonce une bière explosive en bouche. Dès la première gorgée, on se rend compte que le goût de la Isseki Nicho n’est définitivement pas pour tout le monde. On remarque en premier la grosse amertume terreuse qui détonne d’une saison ou d’un stout. Le goût torréfié est également bien présent, avec une petite présence fruitée qui se cache un peu en finale. Au fil des gorgées, une présence de plus en plus maltée se pointe au verre. C’est complexe, mais également dur à boire. Intéressante et complexe cette bière, mais on reste content que ce soit simplement une petite bouteille, et non pas un 750mL.

3.6 / 5

Pour voir ma notation de la Isseki Nicho

Crédit photo : HopCitizen

La bière du dimanche : Dunham – SuperMoine #3

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Je suis un gros fan de bières d’inspiration belges. J’aime beaucoup la complexité et la profondeur de ces bières, ce qui fait leur renommée. Nous sommes chanceux au Québec d’avoir des brasseurs fortement influencé par la Belgique, Unibroue ayant fait découvrir cet univers à un grand nombre d’amateurs et de brasseurs Québec. De nos jours, encore plusieurs microbrasseries québécoises s’illustrent mondialement dans ce spectre, comme Charlevoix, Trou du Diable et Dieu du Ciel.

L’une de mes bières préférées ces dernières années est justement une bière d’inspiration belge, la SuperMoine #3 – Deze Monnik is Drunken, de la Brasserie Dunham. Dégustée pour la première fois à l’Isle de Garde, au printemps 2015, j’avais été charmé par sa complexité de saveurs, son originalité, et son profil boisé. Lorsque la brasserie a sorti un nouveau brassin ce printemps, j’ai fait ce que tout bon fan devrait faire : comparer une version jeune à sa version vieillie un an, que j’avais gardé pour une occasion spéciale.

La SuperMoine est donc une quadrupel, contenant 11,2% d’alcool, vieillie en barriques de chianti avec des figues. Vous comprendrez donc que lorsque je parle de complexité de saveurs, il y a déjà beaucoup de composantes : base de quadrupel belge, taux d’alcool élevé, vieillissement en barrique de vin, côté fruité avec les figues, etc. Il y a énormément de façons d’apprécier cette bière.

Vieille vs. Nouvelle

Je place les deux versions côte-à-côte dans deux verres similaires. La vieille SuperMoine a un corps un peu plus clair et moins effervescent. La nouvelle version est très effervescente, avec une carbonatation imposante et une couleur plus foncée. La SuperMoine d’un an semble avoir une inspiration beaucoup plus belge, alors que cette dernière au nez donne beaucoup de notes de levure belge et fruitée, alors que la nouvelle version semble un peu plus funky, sauvage.

Peut-être dû à l’année de vieillissement, au goût, la version vieillie a un accent fortement concentrée sur l’alcool. La levure belge est présente, avec un côté sucre d’orge, caramélisé, et un peu de pommes également. La fin de bouche est intéressante, nous réchauffant un peu la gorge, rappelant l’effet du porto. La nouvelle version est définitivement plus légère, mais plus funky. Les levures sauvages sont définitivement présentes qui prend définitivement beaucoup de place. En contrepartie, l’alcool est moins présent en bouche.

Déjà chère à mon cœur, la SuperMoine #3 vieillie un an remporte la palme de préférée de cette dégustation. Les deux bières sont toutefois forts intéressantes pour des raisons tout à fait différentes. J’attend déjà avec impatience une troisième itération.

4/5

Pour voir ma notation de la SuperMoine #3

Le courage des brasseurs artisanaux

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Une chose que j’aime beaucoup du fait de boire des bières d’ici, brassées par des petites entreprises qui engagent un nombre (très) limité d’employés, c’est que l’on a réellement le sentiment que ce que l’on boit est vrai, local, frais, et que ça vient d’ici. Ce sont des gens de « chez nous » qui se donnent corps et âmes pour brasser des produits de qualité. C’est un des aspects qui m’attire le plus en tant que consommateur pour acheter des bières artisanales, plutôt que n’importe quelle autre bière des géants brassicoles.

Malheureusement, le fait que cette bière soit justement brassée de manière artisanale apporte son lot de difficultés pour les microbrasseries. Loin de pouvoir faire des économies d’échelle, les brasseurs sont obligés d’acheter des petites quantités de grains, de houblons, de levures afin de faire un produit qui se démarque des autres. Les brasseurs artisanaux, voulant se démarquer, expérimentent beaucoup, pour nous sortir des bières qui innovent, dérangent, sortent de l’ordre établi. Malheureusement, à force de vouloir expérimenter, certains vont brasser des bières au-dessous de leurs standards de qualité, qui ne seront pas commercialisables.

Cet été, on a vu passer trois exemples de brasseries québécoises qui ont dû « vider dans le drain » certains brassins de bières destinées à être vendues à la clientèle. Cet article se veut un hommage à ses brasseries qui préfèrent sortir des bières de haute qualité, plutôt que de faire un peu d’argent.

Les Trois Mousquetaires

Les Trois Mousquetaires fait de son « bottle release » de sa Double IPA, un bel événement annuel. Prévu à la fin du mois d’Août cette année, l’événement devait attirer à la brasserie plusieurs centaines d’amateurs de bières prêts à dépenser beaucoup pour mettre la main sur plusieurs bouteilles de cette fantastique bière brassée avec des houblons rares et exotiques (et donc coûteux). Coup de théâtre une semaine avant l’événement, les brasseurs décident d’annuler sa sortie, étant déçus du produit brassé cette année. Se faisant, ils renoncent, selon mes calculs scientifiques, à beaucoup d’argent. Pour une petite entreprise, ça fait très mal. Pour les amateurs, on se console en se disant que la brasserie a promis une reprise très bientôt.

MonsRegius

Toute nouvelle dans le paysage brassicole, dont j’ai déjà parlé dans une autre chronique, MonsRegius s’est aussi démarquée en faisant le rappel des bouteilles de sa Singula Chinook. Les amateurs ayant essayée la bière avait remarqué de l’oxydation dans cette bière. Devant ce constat, la nouvelle brasserie a fait ses devoirs et a revérifier ses procédés de brassage, pour découvrir le problème ayant mené au goût métallique observé par les clients. Les pertes engendrées par ce rappel doivent être frustrantes, mais la brasserie a quand même tenu à le faire.

Le Castor

We waited too long and this one got away from us. #sourbeer #brettbeer #craftbeer #foudres #rigaud #foudredump #drainpour

A photo posted by Microbrasserie Le Castor (@microlecastor) on


Les brasseurs de Rigaud nous ont partagés au début de l’été une photo sur les réseaux sociaux démontrant un tube connecté à un foudre allant dans un drain, nous indiquant qu’ils ne lésinent sur les contrôles de qualité de la bière. Je n’ai aucune idée combien un foudre peut coûter, mais ce n’est pas difficile de croire que ça coûte assez cher pour que ça fasse mal de laisser un brassin complet ayant fermenté dans l’endroit pendant un long moment. Ça doit certainement faire mal au cœur de laisser partir tout ça dans les égouts.

Ce sont seulement trois exemples parmi tant d’autres de brasseries d’ici qui, essaient, expérimentent, travaillent sans relâche pour nous offrir le meilleur de leur savoir-faire. J’ai tendance, parfois, à être très critique de ce que nous offre les brasseries québécoises. Cet article sert simplement à dire que malgré tout, j’ai le plus grand des respects pour les brasseries artisanales.

Santé!

Crédit photo : La Presse

La bière du dimanche : MonsRegius – Alba

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J’ai l’impression que plus les billets de blogues s’empilent, plus de nouvelles brasseries ouvrent leurs portes. Étant (peut-être un peu trop) friand de nouveautés, je me vois dans l’obligation d’acheter encore et toujours des bières de plus pour évaluer le plus possible de brasseries naissantes au Québec. Je vais avoir beaucoup d’ouvrage pour le futur de ce site, alors que les microbrasseries se multiplient littéralement à chaque fois que je cligne des yeux au Québec!

Cette semaine, je parle de la nouvelle brasserie MonsRegius, de St-Bruno, une brasserie qui s’est installé dans le (relatif) néant brassicole qu’est la rive-sud au Québec. La brasserie a sorti quelques produits depuis le mois d’Août, dont l’Alba, première a se frayé un chemin sur les tablettes, une patersbier, où bière de table. Les bières de table, un style traditionnel belge des abbayes trappistes, désignent des bières légères, à grande buvabilité, faites pour être bues pendant que les moines s’adonnent à diverses occupations. Titrant à 3,9% d’alcool cette Alba est certainement brassée pour être très légère!

La dégustation

Tonight’s tasting 🍺. #QCmicrobrews #monsregius #bièreartisanale #beer

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La bouteille de 500 mL nous verse un liquide très trouble, de couleur blonde, avec peu de carbonatation et peu d’effervescence. Au nez, cette bière d’origine belge m’étonne. Les arômes de cette Alba sont très sucrées, plus qu’une ale belge standard, avec notamment des bananes et autres fruits des champs en avant-plan.

En bouche, cette bière de table remplit ses promesses d’être une bière à grand taux de buvabilité.  L’Alba est très légère, avec un corps assez rond, probablement un peu à cause de la levure d’ale belge qui est présente sans prendre le dessus sur l’aspect sucré de cette bière. On ressent également un peu de miel, ainsi qu’une petite amertume. L’Alba est également aussi sucrée qu’au nez.

Les bières de table sont assez peu présentes dans le paysage brassicole québécois et c’est définitivement un choix intéressant de la part de MonsRegius de débuter sa distribution avec un style aussi méconnu. On a bien hâte de découvrir la suite…

3,6 / 5

Pour voir ma notation de l’Alba

Crédit photo : MonsRegius

La renaissance de la Berliner Weisse

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J’en ai déjà parlé dans d’anciennes chroniques, les bières sûres aujourd’hui, c’est in. Pour mon plus grand bonheur, de nouveaux brassins de bières sûres provenant des quatre coins du Québec sortent sur les tablettes fréquemment. Ça a été particulièrement le cas cet été avec plusieurs brasseries qui ont innové en nous présentant des nouvelles berliner weisse sur le marché. Les berliner weisse sont des bières parfaites pour l’été – on les boit habituellement à une température assez basse, elles sont désaltérantes et facile à boire. C’est sans doute ce qui explique pourquoi on en voit autant sortir pendant la période estivale.

Qu’est-ce qu’une berliner weisse?

Les berliner weisse, ou blanche de Berlin en honneur à la capitale allemande, sont des bières traditionnellement faibles en alcool (de 2,5% à 3% historiquement), avec un profil citronné, de couleurs blondes, auxquelles on ajoute généralement des bactéries (les lactobacilles) afin d’en faire une bière sûre. Un peu laissées pour compte par les brasseries allemandes dans les dernières décennies, on a peu à peu oublié ce style durant le 20e siècle, si bien que qu’elles étaient devenues assez rares à trouver en dehors d’Allemagne (et même à l’intérieur du pays). Curieusement, la tradition était de les mélanger avec un sirop de fruit, pour couper l’acidité. Avec la tendance des bières sûres revenant d’actualité, on en retrouve désormais beaucoup plus sur les tablettes, avec des exemples provenant du monde entier. Et plusieurs brasseurs actuels ne se gênent pas pour briser le Reinheitsgetbot et brasser une berliner weisse avec de vrais fruits au sein des cuves pour perpétuer la tradition. Pour en savoir plus sur les berliner weisse, je vous conseille fortement d’aller lire l’article de Bières et Plaisirs.

Mes dégustations

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J’ai essayé (ou ré-essayé pour quelques-unes) plus d’une dizaine de berliner weisse cet été dans le but de trouver ce qui peut rendre ce style à la mode le plus intéressant possible. En regardant le tableau, c’est assez clair que ce qui peut apporter un plus à une berliner weisse (à mon avis), ce sont les fruits! Les trois bières les mieux cotées comportent toute une portion de fruit (respectivement les framboises, fraises et mangues). Il faut également faire attention aux niveaux d’acidité. S’il y a un point qui allie les bières qui m’ont le moins plu, ce sont les niveaux d’acidité de ces bières, qui n’étaient à mon avis pas assez élevé pour qu’on puisse vraiment goûter le surette.

Un mot sur la Solstice d’été

Grande « gagnante » de ma dégustation de berliner weisse, la Solstice d’été est sans doute une de mes bières estivales par excellence. Présentant le parfait équilibre (à mon avis) entre une acidité tranchante et le goût fruité et sucré des framboises, cette bière affole un grand nombre d’amateurs de bières qui se l’arrache en été. Bien ancré dans le top 10 des meilleures berliner weisse au monde de RateBeer, cette bière vaut absolument le détour.

Crédit photo : Dieu du Ciel!

La bière du dimanche : Gainsbourg – Orange Tie Wrap

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La Microbrasserie Gainsbourg a ouvert ses portes à Gatineau en 2013, pas trop loin d’une autre brasserie Gatinoise bien connue, les Brasseurs du Temps. La microbrasserie s’est surtout fait connaître, depuis qu’elle a commencé à exporter ses produits hors de ses terres hulloises, pour des offrandes assez houblonnées. En effet, elle embouteille sporadiquement une IPA et une Double IPA, respectivement la Côte Ouest et la Road Trip, qui arrive à se démarquer pour leur qualité. La microbrasserie à également embouteillée une scotch ale fort bien réussie l’hiver dernier.

Aujourd’hui pour la chronique, nous nous concentrons sur l’Orange Tie Wrap, que l’on annonce comme un hybride entre une saison et une IPA, brassée avec du zeste d’oranges et de limes. La légende veut que le nom d’Orange Tie Wrap ait été choisi en raison d’une mésaventure que le brasseur ait eue alors qu’il brassait pour la première fois la bière. En voulant dry hopper la bière, et n’ayant pas l’équipement nécessaire pour le faire, les ingénieux brasseurs de Gainsbourg aurait attaché une tasse pleine de houblon Nelson Sauvin à des tie wraps pour procéder au dry hop, résultant la perte de l’un des tie wraps. Qu’à cela ne tienne, tie wrap ou non, on a déjà hâte d’évaluer cette bière!

La dégustation

Notre Orange TieWrap vient d’être enfûtée aujourd’hui et elle est en ligne !!! #gainsbourg #beer #bière #saison #orangetiewrap

A photo posted by Microbrasserie Le Gainsbourg (@microgainsbourg) on

La bouteille de 500mL verse une bière blonde avec une petite touche de carbonatation et peu d’effervescence. Le nez est définitivement fidèle au titre de cette bière. C’est de l’orange et des agrumes à plein nez, de manière fulgurante. On sent déjà l’amertume se pointer au milieu des oranges. Mon nez tente de déceler un petit côté saison à cette Orange Tie Wrap, et je ne trouve définitivement pas grand-chose, pour l’instant…

En bouche c’est une symphonie d’agrume. L’orange et la lime sont définitivement présentes et on goute un peu l’ananas du Nelson Sauvin. Le tout, mis ensemble dès la première gorgée, donne un intéressant ensemble de liquide agrumé. L’amertume, absente à la base, se ressent un peu plus après quelques gorgées, sans trop s’imposer. Petite remarque – quelqu’un goute-t-il le côté saison de cette bière? Je le cherche encore. Peut-être du côté de la finale qui est un peu plus sèche qu’une IPA standard? Mais encore. Au-delà de ce point, la bière est excellente, rafraichissante. Je me surprends à essayer d’estimer, sans savoir, en fin de dégustation, le niveau de d’alcool du breuvage que j’estime en bas des 5%, mais il est bel et bien à 7,5%! Cette Orange Tie Wrap est une belle réussite.

3,9 / 5

Pour voir ma notation de l’Orange Tie Wrap

Crédit photo : Hops and Bros