La bière du dimanche : Dunham – SuperMoine #3

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Je suis un gros fan de bières d’inspiration belges. J’aime beaucoup la complexité et la profondeur de ces bières, ce qui fait leur renommée. Nous sommes chanceux au Québec d’avoir des brasseurs fortement influencé par la Belgique, Unibroue ayant fait découvrir cet univers à un grand nombre d’amateurs et de brasseurs Québec. De nos jours, encore plusieurs microbrasseries québécoises s’illustrent mondialement dans ce spectre, comme Charlevoix, Trou du Diable et Dieu du Ciel.

L’une de mes bières préférées ces dernières années est justement une bière d’inspiration belge, la SuperMoine #3 – Deze Monnik is Drunken, de la Brasserie Dunham. Dégustée pour la première fois à l’Isle de Garde, au printemps 2015, j’avais été charmé par sa complexité de saveurs, son originalité, et son profil boisé. Lorsque la brasserie a sorti un nouveau brassin ce printemps, j’ai fait ce que tout bon fan devrait faire : comparer une version jeune à sa version vieillie un an, que j’avais gardé pour une occasion spéciale.

La SuperMoine est donc une quadrupel, contenant 11,2% d’alcool, vieillie en barriques de chianti avec des figues. Vous comprendrez donc que lorsque je parle de complexité de saveurs, il y a déjà beaucoup de composantes : base de quadrupel belge, taux d’alcool élevé, vieillissement en barrique de vin, côté fruité avec les figues, etc. Il y a énormément de façons d’apprécier cette bière.

Vieille vs. Nouvelle

Je place les deux versions côte-à-côte dans deux verres similaires. La vieille SuperMoine a un corps un peu plus clair et moins effervescent. La nouvelle version est très effervescente, avec une carbonatation imposante et une couleur plus foncée. La SuperMoine d’un an semble avoir une inspiration beaucoup plus belge, alors que cette dernière au nez donne beaucoup de notes de levure belge et fruitée, alors que la nouvelle version semble un peu plus funky, sauvage.

Peut-être dû à l’année de vieillissement, au goût, la version vieillie a un accent fortement concentrée sur l’alcool. La levure belge est présente, avec un côté sucre d’orge, caramélisé, et un peu de pommes également. La fin de bouche est intéressante, nous réchauffant un peu la gorge, rappelant l’effet du porto. La nouvelle version est définitivement plus légère, mais plus funky. Les levures sauvages sont définitivement présentes qui prend définitivement beaucoup de place. En contrepartie, l’alcool est moins présent en bouche.

Déjà chère à mon cœur, la SuperMoine #3 vieillie un an remporte la palme de préférée de cette dégustation. Les deux bières sont toutefois forts intéressantes pour des raisons tout à fait différentes. J’attend déjà avec impatience une troisième itération.

4/5

Pour voir ma notation de la SuperMoine #3

Le courage des brasseurs artisanaux

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Une chose que j’aime beaucoup du fait de boire des bières d’ici, brassées par des petites entreprises qui engagent un nombre (très) limité d’employés, c’est que l’on a réellement le sentiment que ce que l’on boit est vrai, local, frais, et que ça vient d’ici. Ce sont des gens de « chez nous » qui se donnent corps et âmes pour brasser des produits de qualité. C’est un des aspects qui m’attire le plus en tant que consommateur pour acheter des bières artisanales, plutôt que n’importe quelle autre bière des géants brassicoles.

Malheureusement, le fait que cette bière soit justement brassée de manière artisanale apporte son lot de difficultés pour les microbrasseries. Loin de pouvoir faire des économies d’échelle, les brasseurs sont obligés d’acheter des petites quantités de grains, de houblons, de levures afin de faire un produit qui se démarque des autres. Les brasseurs artisanaux, voulant se démarquer, expérimentent beaucoup, pour nous sortir des bières qui innovent, dérangent, sortent de l’ordre établi. Malheureusement, à force de vouloir expérimenter, certains vont brasser des bières au-dessous de leurs standards de qualité, qui ne seront pas commercialisables.

Cet été, on a vu passer trois exemples de brasseries québécoises qui ont dû « vider dans le drain » certains brassins de bières destinées à être vendues à la clientèle. Cet article se veut un hommage à ses brasseries qui préfèrent sortir des bières de haute qualité, plutôt que de faire un peu d’argent.

Les Trois Mousquetaires

Les Trois Mousquetaires fait de son « bottle release » de sa Double IPA, un bel événement annuel. Prévu à la fin du mois d’Août cette année, l’événement devait attirer à la brasserie plusieurs centaines d’amateurs de bières prêts à dépenser beaucoup pour mettre la main sur plusieurs bouteilles de cette fantastique bière brassée avec des houblons rares et exotiques (et donc coûteux). Coup de théâtre une semaine avant l’événement, les brasseurs décident d’annuler sa sortie, étant déçus du produit brassé cette année. Se faisant, ils renoncent, selon mes calculs scientifiques, à beaucoup d’argent. Pour une petite entreprise, ça fait très mal. Pour les amateurs, on se console en se disant que la brasserie a promis une reprise très bientôt.

MonsRegius

Toute nouvelle dans le paysage brassicole, dont j’ai déjà parlé dans une autre chronique, MonsRegius s’est aussi démarquée en faisant le rappel des bouteilles de sa Singula Chinook. Les amateurs ayant essayée la bière avait remarqué de l’oxydation dans cette bière. Devant ce constat, la nouvelle brasserie a fait ses devoirs et a revérifier ses procédés de brassage, pour découvrir le problème ayant mené au goût métallique observé par les clients. Les pertes engendrées par ce rappel doivent être frustrantes, mais la brasserie a quand même tenu à le faire.

Le Castor

We waited too long and this one got away from us. #sourbeer #brettbeer #craftbeer #foudres #rigaud #foudredump #drainpour

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Les brasseurs de Rigaud nous ont partagés au début de l’été une photo sur les réseaux sociaux démontrant un tube connecté à un foudre allant dans un drain, nous indiquant qu’ils ne lésinent sur les contrôles de qualité de la bière. Je n’ai aucune idée combien un foudre peut coûter, mais ce n’est pas difficile de croire que ça coûte assez cher pour que ça fasse mal de laisser un brassin complet ayant fermenté dans l’endroit pendant un long moment. Ça doit certainement faire mal au cœur de laisser partir tout ça dans les égouts.

Ce sont seulement trois exemples parmi tant d’autres de brasseries d’ici qui, essaient, expérimentent, travaillent sans relâche pour nous offrir le meilleur de leur savoir-faire. J’ai tendance, parfois, à être très critique de ce que nous offre les brasseries québécoises. Cet article sert simplement à dire que malgré tout, j’ai le plus grand des respects pour les brasseries artisanales.

Santé!

Crédit photo : La Presse

La bière du dimanche : MonsRegius – Alba

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J’ai l’impression que plus les billets de blogues s’empilent, plus de nouvelles brasseries ouvrent leurs portes. Étant (peut-être un peu trop) friand de nouveautés, je me vois dans l’obligation d’acheter encore et toujours des bières de plus pour évaluer le plus possible de brasseries naissantes au Québec. Je vais avoir beaucoup d’ouvrage pour le futur de ce site, alors que les microbrasseries se multiplient littéralement à chaque fois que je cligne des yeux au Québec!

Cette semaine, je parle de la nouvelle brasserie MonsRegius, de St-Bruno, une brasserie qui s’est installé dans le (relatif) néant brassicole qu’est la rive-sud au Québec. La brasserie a sorti quelques produits depuis le mois d’Août, dont l’Alba, première a se frayé un chemin sur les tablettes, une patersbier, où bière de table. Les bières de table, un style traditionnel belge des abbayes trappistes, désignent des bières légères, à grande buvabilité, faites pour être bues pendant que les moines s’adonnent à diverses occupations. Titrant à 3,9% d’alcool cette Alba est certainement brassée pour être très légère!

La dégustation

Tonight’s tasting 🍺. #QCmicrobrews #monsregius #bièreartisanale #beer

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La bouteille de 500 mL nous verse un liquide très trouble, de couleur blonde, avec peu de carbonatation et peu d’effervescence. Au nez, cette bière d’origine belge m’étonne. Les arômes de cette Alba sont très sucrées, plus qu’une ale belge standard, avec notamment des bananes et autres fruits des champs en avant-plan.

En bouche, cette bière de table remplit ses promesses d’être une bière à grand taux de buvabilité.  L’Alba est très légère, avec un corps assez rond, probablement un peu à cause de la levure d’ale belge qui est présente sans prendre le dessus sur l’aspect sucré de cette bière. On ressent également un peu de miel, ainsi qu’une petite amertume. L’Alba est également aussi sucrée qu’au nez.

Les bières de table sont assez peu présentes dans le paysage brassicole québécois et c’est définitivement un choix intéressant de la part de MonsRegius de débuter sa distribution avec un style aussi méconnu. On a bien hâte de découvrir la suite…

3,6 / 5

Pour voir ma notation de l’Alba

Crédit photo : MonsRegius

La renaissance de la Berliner Weisse

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J’en ai déjà parlé dans d’anciennes chroniques, les bières sûres aujourd’hui, c’est in. Pour mon plus grand bonheur, de nouveaux brassins de bières sûres provenant des quatre coins du Québec sortent sur les tablettes fréquemment. Ça a été particulièrement le cas cet été avec plusieurs brasseries qui ont innové en nous présentant des nouvelles berliner weisse sur le marché. Les berliner weisse sont des bières parfaites pour l’été – on les boit habituellement à une température assez basse, elles sont désaltérantes et facile à boire. C’est sans doute ce qui explique pourquoi on en voit autant sortir pendant la période estivale.

Qu’est-ce qu’une berliner weisse?

Les berliner weisse, ou blanche de Berlin en honneur à la capitale allemande, sont des bières traditionnellement faibles en alcool (de 2,5% à 3% historiquement), avec un profil citronné, de couleurs blondes, auxquelles on ajoute généralement des bactéries (les lactobacilles) afin d’en faire une bière sûre. Un peu laissées pour compte par les brasseries allemandes dans les dernières décennies, on a peu à peu oublié ce style durant le 20e siècle, si bien que qu’elles étaient devenues assez rares à trouver en dehors d’Allemagne (et même à l’intérieur du pays). Curieusement, la tradition était de les mélanger avec un sirop de fruit, pour couper l’acidité. Avec la tendance des bières sûres revenant d’actualité, on en retrouve désormais beaucoup plus sur les tablettes, avec des exemples provenant du monde entier. Et plusieurs brasseurs actuels ne se gênent pas pour briser le Reinheitsgetbot et brasser une berliner weisse avec de vrais fruits au sein des cuves pour perpétuer la tradition. Pour en savoir plus sur les berliner weisse, je vous conseille fortement d’aller lire l’article de Bières et Plaisirs.

Mes dégustations

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J’ai essayé (ou ré-essayé pour quelques-unes) plus d’une dizaine de berliner weisse cet été dans le but de trouver ce qui peut rendre ce style à la mode le plus intéressant possible. En regardant le tableau, c’est assez clair que ce qui peut apporter un plus à une berliner weisse (à mon avis), ce sont les fruits! Les trois bières les mieux cotées comportent toute une portion de fruit (respectivement les framboises, fraises et mangues). Il faut également faire attention aux niveaux d’acidité. S’il y a un point qui allie les bières qui m’ont le moins plu, ce sont les niveaux d’acidité de ces bières, qui n’étaient à mon avis pas assez élevé pour qu’on puisse vraiment goûter le surette.

Un mot sur la Solstice d’été

Grande « gagnante » de ma dégustation de berliner weisse, la Solstice d’été est sans doute une de mes bières estivales par excellence. Présentant le parfait équilibre (à mon avis) entre une acidité tranchante et le goût fruité et sucré des framboises, cette bière affole un grand nombre d’amateurs de bières qui se l’arrache en été. Bien ancré dans le top 10 des meilleures berliner weisse au monde de RateBeer, cette bière vaut absolument le détour.

Crédit photo : Dieu du Ciel!

La bière du dimanche : Gainsbourg – Orange Tie Wrap

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La Microbrasserie Gainsbourg a ouvert ses portes à Gatineau en 2013, pas trop loin d’une autre brasserie Gatinoise bien connue, les Brasseurs du Temps. La microbrasserie s’est surtout fait connaître, depuis qu’elle a commencé à exporter ses produits hors de ses terres hulloises, pour des offrandes assez houblonnées. En effet, elle embouteille sporadiquement une IPA et une Double IPA, respectivement la Côte Ouest et la Road Trip, qui arrive à se démarquer pour leur qualité. La microbrasserie à également embouteillée une scotch ale fort bien réussie l’hiver dernier.

Aujourd’hui pour la chronique, nous nous concentrons sur l’Orange Tie Wrap, que l’on annonce comme un hybride entre une saison et une IPA, brassée avec du zeste d’oranges et de limes. La légende veut que le nom d’Orange Tie Wrap ait été choisi en raison d’une mésaventure que le brasseur ait eue alors qu’il brassait pour la première fois la bière. En voulant dry hopper la bière, et n’ayant pas l’équipement nécessaire pour le faire, les ingénieux brasseurs de Gainsbourg aurait attaché une tasse pleine de houblon Nelson Sauvin à des tie wraps pour procéder au dry hop, résultant la perte de l’un des tie wraps. Qu’à cela ne tienne, tie wrap ou non, on a déjà hâte d’évaluer cette bière!

La dégustation

Notre Orange TieWrap vient d’être enfûtée aujourd’hui et elle est en ligne !!! #gainsbourg #beer #bière #saison #orangetiewrap

A photo posted by Microbrasserie Le Gainsbourg (@microgainsbourg) on

La bouteille de 500mL verse une bière blonde avec une petite touche de carbonatation et peu d’effervescence. Le nez est définitivement fidèle au titre de cette bière. C’est de l’orange et des agrumes à plein nez, de manière fulgurante. On sent déjà l’amertume se pointer au milieu des oranges. Mon nez tente de déceler un petit côté saison à cette Orange Tie Wrap, et je ne trouve définitivement pas grand-chose, pour l’instant…

En bouche c’est une symphonie d’agrume. L’orange et la lime sont définitivement présentes et on goute un peu l’ananas du Nelson Sauvin. Le tout, mis ensemble dès la première gorgée, donne un intéressant ensemble de liquide agrumé. L’amertume, absente à la base, se ressent un peu plus après quelques gorgées, sans trop s’imposer. Petite remarque – quelqu’un goute-t-il le côté saison de cette bière? Je le cherche encore. Peut-être du côté de la finale qui est un peu plus sèche qu’une IPA standard? Mais encore. Au-delà de ce point, la bière est excellente, rafraichissante. Je me surprends à essayer d’estimer, sans savoir, en fin de dégustation, le niveau de d’alcool du breuvage que j’estime en bas des 5%, mais il est bel et bien à 7,5%! Cette Orange Tie Wrap est une belle réussite.

3,9 / 5

Pour voir ma notation de l’Orange Tie Wrap

Crédit photo : Hops and Bros

La bière du dimanche : Vrooden – Weizen

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Cette semaine on parle d’une petite nouvelle parmi les brasseries québécoises, qui vient tout juste de commencer à brasser, et embouteiller du même coup, Vrooden. Située à Granby, et titulaire d’un permis industriel, Vrooden brasse selon les principes de la fameuse loi allemande de la « pureté », c’est-à-dire, uniquement avec les ingrédients de base traditionnels de la bière – eau, levure, houblon et malt. Bien que plusieurs brasseries allemandes suivent encore à la lettre cette vieille loi du Reinheitsgebot (oui, j’ai regardé deux fois avant de poursuivre ma phrase) qui fête cette année ses 500 ans, c’est plutôt inhabituel de suivre ces règles ce côté-ci de l’Atlantique.

Alors que les températures de ce mois d’Août brisent encore des records, une bonne hefeweizen bien froide est définitivement une bonne idée pour se rafraichir. Comme toute bonne brasserie avec une inspiration allemande, Vrooden propose dans sa gamme de produits de base la Weizen, qui sera l’objet de notre analyse du jour.

La dégustation

La bouteille de 500 mL déverse un liquide blond et doré, avec une bonne carbonatation. Les arômes sont dignes du style et ne nous renversent pas (loi de la pureté oblige) : banane, levure à l’allemande, et un petit côté céréalier qui semble souvent être de la partie avec les bières à fermentation basse. Au goût, c’est fidèle au nez avec encore une fois la levure et les bananes qui volent la vedette. C’est très fruité, avec un corps tout à fait adéquat, ce qui en fait une bière qu’on pourrait facilement en prendre plusieurs d’affilées.

Ce qui me fascine le plus avec cette Weizen, c’est son équilibre : plutôt que de miser sur une bière qui va dans les extrêmes des saveurs, Vrooden tente plutôt de proposer en ensemble de saveurs qui s’harmonisent bien ensemble. Le résultat final, c’est une excellente bière blanche, prête pour les grandes chaleurs, qui est une digne représentante de la tradition brassicole allemande. Longue vie à Vrooden.

3,9 / 5

Pour voir ma notation de la Weizen

Crédit photo : La Presse

La bière du dimanche : Auberge Sutton Broüerie – Brune Alpine

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Un de mes coups de cœurs de la première moitié de 2016 fut sans contredit la Bobonom de l’Auberge Broüerie Sutton. Un beau mélange houblonné facile à boire dont j’avais déjà parlé dans une ancienne chronique.  Depuis, la nouvelle brasserie n’a pas chômé, et en plus de tenir une auberge dans le secteur ultra touristique des Cantons-de-l’Est, elle nous fait le bonheur de livrer quelques produits de temps à autres dans la métropole. Ainsi, en plus de la Saison Bee-Bop et de la Bobonom, la brasserie nous a livré depuis quelques mois la Bobonom édition spéciale, la Brett Inn IPA (en collaboration avec le Baril Roulant), le Porter Iroquois ainsi que notre critique du jour, la Brune Alpine.

La Brune Alpine est une bière brune d’inspiration américaine, donc un peu plus houblonnée que sa cousine anglaise – un style qui est définitivement sous-produit au Québec, peut-être à l’exception de l’excellente American Brown Ale de Pit Caribou. Brassée 100% avec des levures de brettanomyces, comme l’ensemble des produits de Sutton, la Brune Alpine devrait donc présenter un bel étalage de saveurs.

La dégustation

Une fois la capsule de la bouteille de 500 mL débouchée, cette Brune Alpine nous laisse découvrir un liquide d’un brun très foncé, assez trouble, avec une mousse légère et bien peu d’effervescence. Les saveurs aux nez sont intéressantes et complexes – le caramel du malt, un petit côté torréfié, des notes de noisettes ainsi que une petite touche plus herbacée que j’attribue au houblon utilisé probablement de manière assez libérale par le brasseur.

En bouche, l’expérience est définitivement agréable. Le corps est ultra-crémeux, ce qui me surprend. Seulement pour l’expérience en bouche, on dirait presque que je bois un stout. Le sentiment crémeux en bouche laisse toutefois un peu derrière les saveurs en bouche, alors que je dois un peu me forcer pour détecter différentes notes en bouche. Un peu fade cette Brune Alpine, on détecte quand même des notes terreuses et herbacées qui sont plaisantes.

Un peu comme avec la Bobonom, on ne détecte très peu, pour ne pas dire aucunement, le côté levures sauvages, nous prouvant avec grand plaisir qu’il est possible de brasser avec des bretts sans qu’elles cachent l’ensemble des autres saveurs de la bière. J’aurais toutefois peut-être aimé retrouver des saveurs peut-être un peu plus maltée, ou retrouver les noisettes très présentes au nez, pour accompagner l’aspect plus terreux de cette bière. Le corps riche est toutefois  d’un grand intérêt et la bière est clairement à essayer pour tout amateur du genre.

3,7 / 5

Pour voir ma notation de la Brune Alpine

Crédit photo : Beerism

Rosemont – La Petite-Patrie, capitale québécoise de la bière?

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De tous les quartiers que j’ai pu visiter dans le Québec, le Canada, et même à l’international, Rosemont – La Petite-Patrie se distingue pour être l’un des quartiers avec l’offre en bières artisanales la plus complète. Dans ce quartier typiquement familial du centre de l’Île, il se brasse et se vend des petits chefs-d’œuvre à toute heure du jour et de la nuit, faisant de Rosemont un véritable paradis de la bière artisanale. Voici donc un hommage à ce quartier et ces institutions, avec une liste non-exhaustive de mes coups de cœurs.

Broue-Pubs

Vices&Versa, 6631 rue Saint-Lautrent

Le Vices&Versa a définitivement acquis la réputation de lieu culte dans la scène brassicole montréalaise. Armée de plus d’une trentaine de lignes de fûts en action en tout temps, l’endroit est plus qu’agréable à visiter et a été, historiquement, plus qu’un lieu de dégustation : c’est avec le personnel de cet endroit que la brasserie Dunham est née. Pour notre plus grand plaisir. Armée d’une carte de nourriture plus qu’appropriée, le pub situé à l’entrée de la Petite-Italie est aussi agréable un vendredi soir qu’un dimanche après-midi.

Isle de Garde, 1039 rue Beaubien Est


Petit nouveau des broue-pubs rosemontois, l’Isle de Garde, qui a moins de deux ans d’existence, a pignon sur rue sur Beaubien, agrandira bientôt son offre à l’automne en ouvrant sa propre brasserie dans un local connexe au bar, qui est quant à lui ouvert depuis près de deux ans. Déjà très populaire auprès de sa clientèle montréalaise, l’offre de bière est excellente avec une vingtaine de lignes de fûts de trois températures différentes, une offre de nourriture plus qu’intéressante, et un endroit visuellement superbe.

Bar Le Vestiaire, 6634 rue St-Hubert

Situé sur la Plaza St-Hubert depuis quelques années, le Vestiaire sait se démarquer niveau bière. Le bar offre des exclusivités en fûts intéressantes, comme des bières belges, ou, présentement, des bières de la Microbrasserie des Beaux Prés. Au-delà de la bière, le bar a définitivement plus une ambiance de bar que les deux autres établissements mentionnés précédemment, avec notamment des soirées karaokés et quiz. Mention spéciale pour la participation très active du Vestiaire aux médias sociaux!

Également à visiter : Birra, Yïsst

Brasseries

La Succursale, 3188 rue Masson

Basée sur la très populaire rue Masson dans le Vieux-Rosemont, La Succursale se distingue particulièrement par ses bières à fermentation basse. La Milacek, une pilsner de tradition tchèque et la Petite Côte, une kölsch, font partie de la rotation régulière des produits du sympathique endroit, tout en faisant partie des meilleurs exemples de leurs styles respectifs au Québec, si ce n’est pas au monde!

Brouhaha, 5860 rue De Lorimier

Ce qui me frappe à chaque fois que j’entre dans la désormais légendaire institution du coin des Carrières / de Lorimier, c’est l’ambiance qui est à la fois unique et naturelle. On se sent chez soi au Brouhaha, et les bières tenues sur place font tout pour qu’on aime être chez soi! Un mix de bières maisons et de fûts faisant place aux autres microbrasseries québécoises, on retrouve généralement 5 à 6 bières signées Brouhaha dans la rotation régulière. Avec des bières très éclectiques comme la Gaz de Course ou la Saison Voatsiperifery (parlée précédemment par l’auteur de ces lignes ici), les brassins du Brouhaha sont aussi distincts que l’ambiance du bar semble vouloir l’être. Et c’est pour ça qu’on y retourne toujours avec grand plaisir.

MaBrasserie, 2300 rue Holt

Première coopérative brassicole à Montréal, MaBrasserie se veut un beau reflet de la solidarité rosemontoise, alors que fait partie parmi ces membres fondateurs le Brouhaha, la Succursale et l’Isle de Garde. MaBrasserie est également un brasseur de son propre droit, avec des excellentes bières développées sous la bannière Tribale, notamment la Pale Ale qui est un régal. MaBrasserie a également ouvert depuis peu son propre salon de dégustation qui permet, sur place, de savourer sur place des produits de l’ensemble des brasseurs membres du projet.

Détaillants spécialisés

Veux-tu une bière?, 1451 rue St-Zotique Est

À peine une année d’existence dans le quartier pour cette deuxième succursale de Veux-tu une bière?, la première étant située sur la rue De Liège, et on peut déjà sentir son importance dans le portrait brassicole de Rosemont. Ne serait-ce que pour se procurer les bières de la brasserie Auval lorsque cette dernière a la bonté de nous en envoyer, Veux-tu une bière? se démarque par son choix de bouteilles qui est excellent, mais aussi pour l’accueil chaleureux fait par son personnel. Et pour son nom, aussi.

Les délires du terroir, 6406 rue St-Hubert


Situé sur la Plaza St-Hubert depuis déjà 10 ans, le petit mais chaleureux local des Délires n’est certainement pas le plus imposant, mais nous séduit par l’offre en produits du terroir québécois qui est plus qu’intéressante. Au niveau de la bière, les délires du terroir se spécialisent beaucoup en nouveautés sur les tablettes, qui sont bien mises en évidence, et le bon roulement de produits assure une fraîcheur des bouteilles.

La Bièrotheque, 152 rue St-Zotique Est

À l’instar du Veux-tu une bière?, la Bièrotheque est un nouveau venu dans Rosemont. Situé littéralement à deux minutes à pied du Vices&Versa, le détaillant de la Petite-Italie se démarque par son choix de bières, mais aussi par l’offre de produits connexes qui est également intéressante.

Également à visiter : Le Frigo de Bacchus, Marché Station 54

Crédit photo : Vices & Versa

La bière du dimanche : Brasseurs Illmités – Doble Mango

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Brasseurs Illimités me semble assez prolifique depuis quelques temps. Après avoir fait l’acquisition du P’tit Medley pour en faire leur broue-pub au début de 2015, les brasseurs basés sur la rive-nord de Montréal à St-Eustache n’ont pas chômé : ils ont entamé la distribution de la gamme Bièropholie depuis l’automne dernier, tout en continuant d’innover en présentant de plus en plus de nouveau produits, de même qu’en s’associant à des événements brassicole, tel qu’en fait foi la bière du festival des bières de Laval de cette année, la Saison d’icitte, qui aura lieu très bientôt, soit du 15 au 17 juillet 2016.

Cette semaine on déguste la Doble Mango Double IPA, une version plus fruitée de leur Double IPA DH, une bière assez reconnue parmi les amateurs de houblons de la belle province. Les artisans de Brasseurs Illimités se sont amusés avec ce brassin, tout d’abord disponible uniquement en format 1,5L pour finalement arriver en 500mL, en ajoutant de vraies mangues au brassin, tout en faisant un gros dry hop pour arriver à donner un goût ultra-fruité à cette bière. Allons voir le résultat final.

La critique

Une fois versé, le liquide de la Doble Mango se dévoile avec une couleur brune et des reflets orangés, avec une bonne effervescence et plutôt peu de carbonatation. Au nez, c’est tout simplement une bombe de mangue – la bière porte bien son nom! C’est tellement fruité au nez que l’on se demande si Brasseurs Illimités ne veut pas se partir une nouvelle compagnie de brassage de jus de fruits plutôt que de bières! N’en reste pas moins que pour les amateurs d’IPAs exotiques, les arômes de cette bière vous iront à ravir.

Comme on peut s’en douter, les mangues sont également très présentes en bouche. Conseil aux employés de Brasseurs Illimités – indiquez le nombre de portion de fruits qu’un consommateur prendra en dégustant une Doble Mango! Ce serait toutefois réducteur de dire que cette bière n’est qu’un gros jus de fruit. Cette Double IPA présente une fine amertume, un corps malté présent sans s’imposer mais d’abord et avant tout – beaucoup, beaucoup de mangues.

Au final, la Doble Mango réussit bien sa mission : nous donner une IPA fruitée, agréable, intéressante lorsque bien fraîche par des températures au-dessus des 25 degrés. C’est déjà une mission pas toujours évidente à accomplir! Par contre, pour atteindre un niveau de bière d’été par excellence, j’aimerais peut-être un peu plus de profondeur en bouche, et peut-être la brasser en catégorie session ou IPA, à 4-5% d’alcool plutôt que les 9% de cette Double IPA.

3,6 / 5

Pour voir ma notation de la Doble Mango

Crédit photo : Saveurs Unies

La bière de la semaine : Les Trois Mousquetaires – IPA

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La brasserie Les Trois Mousquetaires, fondée en 2004, est relativement jeune comme entreprise, mais se positionne dans le paysage brassicole québécois depuis déjà une belle lurette. Surtout reconnue à la base pour sa gamme de bières allemandes à fermentation basse, la compagnie a ajouté à son arsenal ces dernières années une panoplie d’autres excellentes bières. Son programme de vieillissement en barriques fait l’envie de plusieurs, avec notamment la Porter Baltique Édition Spéciale, une favorite année après année de votre humble serviteur, ainsi que l’Oud Bruin, la Dixième ou la Ceci n’est pas une Gueuze.

Cette semaine, on ne parle pas de bières à faire vieillir, mais plutôt d’une bière à consommer très fraîche, leur nouvelle IPA. Ce n’est pas la première fois que Les Trois Mousquetaires embouteille une IPA, alors que depuis quelques années, la Double IPA est offerte lors d’un bottle release ayant lieu durant la saison estivale. Voyant les éloges que cette dernière reçoit lorsque qu’elle est dégustée, on ne peut qu’avoir hâte d’essayer cette nouvelle offrande de la brasserie de Brossard.

La Dégustation

La bouteille laisse couler un liquide d’une belle couleur orangée, qui laisse apercevoir un petit doigt de mousse. Le nez est très prometteur : c’est une véritable symphonie de houblon qui arrive jusqu’à mes narines. Toute la gamme des fruits tropicaux est évidemment sollicitée, passant principalement par l’ananas et les pamplemousses. On a déjà hâte de la goûter après l’avoir sentie une seule fois.

En bouche, c’est tout ce que je souhaite, et même plus. Cette IPA des Trois Mousquetaire offre une subtile amertume couronnant un liquide bien carbonisé, avec en prime les saveurs exotiques que l’on retrouvait également au nez.  Ce qui en résulte, c’est une IPA dangereusement bien équilibrée, avec des saveurs à la fois très fruitées, mais également une amertume discrète, qui est présente mais qui n’impose pas non plus son goût. Les 750 mL de cette bouteille se boivent, très, trop facilement.

On parle souvent des IPAs vermontoises qui sont dans une classe à part. Cette IPA fait définitivement partie des meilleures IPAs que j’ai pu boire de ma vie, peut-être LA meilleure. La scène de la bière québécoise est éclectique, regorgeant de petits joyaux de bières, et cette IPA des Trois Mousquetaires fait désormais, instantanément, partie de ces classiques. Bravo aux Trois Mousquetaires, bravo à leur brasseur. Et merci.

4,3 / 5

Pour voir ma notation de l’IPA des Trois Mousquetaires

Crédit photo : Les Trois Mousquetaires