Quatre bières pour les amateurs d’érable

Mai se pointe à l’horizon, la neige a finit de tomber, et les cabanes à sucre sont maintenant à l’étape des bilans de saison. Qu’à cela ne tienne, il n’y a pas qu’aux cabanes à sucre que l’on peut se permettre de profiter du sirop d’érable qui fait tant la renommée du Québec! Plusieurs brasseries québécoises tentent et ont tentés d’expérimenter avec le sirop d’érable dans leurs brassins, faisant parfois de petits bijoux. Cet article a donc pour but de parler de ces bières au goût distinctif qui pourraient d’ailleurs se multiplier dans les prochaines années.

De manière plus générale, on retrouve du sirop d’érable ajouté dans des bières typiquement plus forte en alcool et plus foncées. Le sirop d’érable étant hautement sucré, le sucre se transformant en alcool lors de la fermentation, il est donc normal que l’on retrouve des bières d’érable plus alcoolisées que ce qu’on pourrait s’attendre d’une bière « ordinaire ». Il sera intéressant de voir dans les prochaines années si le sirop d’érable ne restera pas l’exclusivité du monde des bières plus foncées pour aller vers des styles moins orthodoxes.

La classique

Dieu du Ciel! – Équinoxe du Printemps, Scotch Ale

Peut-être la bière à l’érable la plus connue au Québec, ce classique de la brasserie de la rue Laurier se distingue pour sa buvabilité malgré un taux d’alcool élevé à plus de 9%. Il s’agit d’une bière brune, sucrée (évidemment), avec des notes maltées de caramel et d’érables, proposant un corps bien appréciable. Brassée une fois l’an par Dieu du Ciel, on peut typiquement la voir apparaître pour l’arrivée du printemps, au début du mois de Mars. Fait à noter, la bière dispose également de versions vieillies en fûts de bourbon et de Cognac, proposant des saveurs encore plus boisées.

La décadente

#mabrasserie #stoutimperial #bieredefeu

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MABRASSERIE – Tribale Stout Impérial (whisky)

Bière de célébration brassée pour la période des fêtes de 2016, ce stout impérial tout droit sortie des barriques de whisky de MABRASSERIE comporte également une belle dose de sirop d’érable. La résultante est une bière sucrée et chocolatée ou le sirop d’érable et le cacao coexiste avec beaucoup de panache. Un corps lourd que l’on associe à une forte dose d’alcool et qui donne au final une bière fort facile à voir pour un stout impérial, bon avec tout dessert.

La petite nouvelle

Before leaving the city once my second child was born, we lived all over the southwest of Montreal. Of all the places we lived, I think my favourite borough was Verdun. And, right after we left, @beneluxmtl opened up, then @maltehops opened! I now live bitterly far from these spots, but whenever visiting friends, I try to pop into Maltéhops and talk to owner Patrick – or @lebeerjedi himself, Guillaume. That’s why I was particularly excited to see that these two places teamed up to create a their take on a Scotch Ale; aptly named Maltéhops! Nose is is a caramel bomb, with some complimentary musty yeast, light smokey malts, and some rich dried fruits. The palate carries huge taffy and caramel, with cherries, cooked apples, plums and toasted nuts. The body is massive, holding a creamy mouthfeel. It’s almost cloyingly sweet, but the amped up bitterness keeps it in check; it’s somehow extremely drinkable. Another bottle needs to go into the cellar to see what this is like in a year. I loved this beer. Go buy some at Maltéhops! #benelux #verdunluv #maltehops #maltéhops #verdun #scotchale #montreal #tentacles #beerism #craftbeer

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Benelux – Maltéhops 2, English Strong Ale

Les habitants de l’arrondissement Verdun avaient raisons de célébrer l’arrivée du printemps 2017 puisque c’était également synonyme d’une nouvelle sortie de bouteille du Benelux. Je n’ai jamais cacher mon amour assez singulier pour la brasserie originalement uniquement située sur la rue Sherbrooke, qui s’est par la suite installée également sur la rue Wellington avec l’ouverture de son deuxième lieu de brassage. Brassée à la base en exclusivité pour le dépanneur spécialisé Maltéhops, cet assemblage d’une Old Ale et de Grande Armada Réserve 10e anniversaire, infusée de sirop d’érable est le pairing parfait pour un déjeuner aux crêpes. Peut-être la bière de la liste où l’on goûte le plus l’érable, cette bière est parfaite pour amener avec soi à la cabane à sucre en deux bouchées de tire.

La réservée

Gâteau choco sans farine avec ganache choco blanc accompagné d’une Brune Alpine version temps des sucres.

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Sutton Brouerie – Brune Alpine Bourbon, Brown Ale

Peut-être un peu plus sur le bourbon que sur l’érable, cette déclinaison de la Brune Alpine distribuée ce printemps de manière limitée par Sutton est plus équilibrée, avec un érable moins présent. La résultante est une bière ou le goût d’alcool est plus présent, et également une présence boisée plus grande que la moyenne.

Crédit photo : Journal de Montréal

La bière du dimanche : Memphré – Bourrasque

La microbrasserie Memphré commence à prendre beaucoup d’ascendant dans la scène brassicole québécoise. Celle qui n’embouteillait pas ou presque pas de bouteilles il y a un an a peine a distribué plusieurs bières de belle qualité depuis le quatre derniers mois.  Avec des bières de styles très varié telle que la Ralph Merry 2016 (Scotch Ale), Cherry River (Schwarzbier), Lixiviat (Saison), ou la Double Menton (Double IPA), la brasserie a bien réussi à attaquer plusieurs styles connus et moins connus.

Aujourd’hui on évalue la Bourrasque, une Black IPA récemment distribuée par la brasserie. Cette bière a été lancée pour célébrer les 15 ans d’existence du mythique Bières Dépôt au Vent du Nord, à Sherbrooke, situé non loin de la brasserie de Magog. La bière titre à 4% d’alcool, ce qui fait donc de cette Bourrasque presque une session Black IPA, ce qui risque d’être intéressant à analyser.

La dégustation

Storm of the day ! #ventdunord #bourrasque

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La bouteille de 500 mL déverse un liquide noir et opaque, qui présente également une belle mousse blanche et épaisse, digne d’un beau stout. Le nez est effectivement classique des beaux exemples de Black IPAs, avec des agrumes indiquant une bonne dose de houblons utilisés lors du brassage, mais également un côté torréfié, pain grillé, qui vient nous rappeler que cette Bourrasque n’est pas une IPA ordinaire.

En bouche, on remarque en premier lieu l’amertume du liquide. Le grain torréfié, tel un bon moka, est également facilement trouvable en bouche, si bien qu’on se retrouve avec une bière déjà plutôt complexe dès la première gorgées. On retrouve avec les gorgées suivantes un peu d’agrumes, faisant un trio assez explosif au niveau des saveurs. Propulsé par le faible taux d’alcool (4%), cette Bourrasque est plutôt agréable à boire, et les gorgées s’enfilent à bonne vitesse.

Au final, le Vent du Nord risque d’être bien content de cette réussite, puisque la Bourrasque est tout ce que je demande d’une Black IPA bien exécutée : un équilibre entre le côté torréfié et l’amertume, avec un beau degré de buvabilité.

3,7 / 5

Pour voir ma notation de la Bourrasque

Crédit photo : Beerism

La bière du dimanche : Coule Pas Chez Nous!

Je ne suis pas le plus grand fan des grosses collaborations, avec beaucoup de brasseries, parce que ça me semble souvent être plus des coups de publicités que de reels essais à créer quelque chose de d’original, de nouveau. Cela dit, lorsque plus d’une dizaine de brasseries se réunissent avec l’intention de créer quelque chose dans le but de conscientiser la population à grande échelle, je me dis que ça risque, à tout le moins, d’être assez bien fait pour attirer le consommateur de bière moyen.

C’est dans cette optique que la fondation Coule Pas Chez Nous! ainsi qu’une dizaine de brasseries, incluant MABRASSERIE, Oshlag, Ras l’bock et plusieurs autres brasseries québécoises également, se sont unis pour brasser une Session IPA. La particularité de cette bière est que les ingrédients sont 100% québécois, signifiant que je ne m’attend pas nécessairement à une bière haute en couleur, donc un peu plus classique.

La dégustation

La bouteille de 500mL présente une apparence tout ce qu’il y a de plus classique pour le style : une couleur blonde paille, un gros collet de carbonatation, et une bonne effervescence apparente. Au nez, je suis relativement surpris du houblon québécois, qui donne tout de même un bon arôme de citrons au liquide, ce que j’apprécie beaucoup.

En bouche, c’est à peu près similaire avec ce que j’ai pu sentir au nez, avec un bon gout d’agrumes et un citron franchement très apparent. L’amertume est retenue, ce que je trouve presque essentiel chez une session, ce qui donne au final une bière qui est somme toute plutôt facile à boire – et c’est ce que l’on veut pour ce style. J’ai l’impression de boire un bon liquide qui a une certaine impression de fraicheur, ce qui est très appréciable.

Au final, on se retrouve avec en main une bière agréable, facile à boire, qui va sans doute être appréciée des consommateurs de bières plus occasionnels. Et c’est tout ce que l’on demande d’une Session IPA. La Coule Pas Chez Nous! Sera réellement un charme à boire lors des températures plus chaudes des mois d’été.

3,8 / 5

Pour voir ma notation de la Coule Pas Chez Nous!

Crédit photo : L’avantage

Exercice de style : la Triple du Nouveau Monde (partie 2)

Après avoir parlé la semaine dernière des Triples dans leur version classique, je m’attaque aux Triples du nouveau monde. Au risque de me répéter, on a encore une fois de la chance au Québec dans ce sous-genre, avec plusieurs bières brassées içi qui sont de calibre international. Étant donné qu’il s’agit encore d’un style plutôt jeune, il n’y a pas encore réellement de grands classiques du style s’étant illustré à l’international, mais parions qu’à travers le temps, plusieurs classiques devraient émerger de ce rapprochement entre la triple standard et la Double IPA.

Le style

Essentiellement née d’une fusion entre le style classique de la belge triple, très axée sur une levure belge sucrée et épicée, et d’une volonté d’y ajouter une pointe d’amertume, la Triple du nouveau monde se trouve entre la levure belge et le houblon, pour créer une sorte d’assemblage entre une Triple et la Double IPA. Une vraie bonne Triple version nouveau monde saura se démarquer par l’équilibre des saveurs entre ces deux aspects de son goût.

La dégustation

C’est difficile avec ce style de faire une dégustation avec énormément de produits, pour deux raisons précises. En premier lieu, le style est encore assez jeune, et peu de bières se démarquant du lot ont vu le jour au Québec. En second lieu, le houblon utilisé dans la bière oblige les amateurs à boire la bière rapidement, signifiant que pour une dégustation, les bières doivent toute être rapidement consommées pour avoir une vue d’ensemble de la situation honnête. En janvier dernier, une fenêtre d’opportunité s’est ouverte, alors que trois excellentes triples du genre ont été distribuées durant ce mois.

Dunham – Triple XXX

Déjà au nez, le houblon démontre toute sa puissance en offrant beaucoup d’agrumes en arôme, avec également une levure belge sucrée qui fait sa marque. Ces mêmes levures prendront le dessus en bouche, donnant un aspect très frais, voir mentholé à cette triple. Une petite amertume provenant du houblon vient conclure cette bière, qui est somme toute fort bien calibrée.

Vox Populi – Anna

De sa couleur plutôt ambrée, le nez est plus près d’une Double IPA que d’une triple avec beaucoup d’agrumes et de mangues que lui procure le houblon citra dryhoppé par les brasseurs. En bouche cependant, on se rapproche beaucoup plus de la triple classique, avec les levures qui prennent de loin l’ascendant. Plutôt sucrée même pour le style, on déplore peut-être un tout petit peu le manque de houblon en bouche.

Dieu du Ciel! – Herbe à Détourne

Peut-être la plus connue des trois, certainement l’une des bières les plus parlées du répertoire de Dieu du Ciel!, l’Herbe à Détourne est sans doute celle qui a le moins gros arôme d’agrumes ou de houblon, pour faire parler un peu plus la levure belge. En bouche, c’est plutôt caramélisé, avec une impression sucrée. Les levures et le houblons sont difficile à trouver, laissant entrevoir une bière plus maltée que les autres bières dégustées aujourd’hui. La bière est la plus en retenue des trois.

Le Verdict

L’équilibre de la Triple XXX est définitivement ce qui la démarque des autres bières. Une belle levure de triple qui s’allie bien avec un houblon savamment utilisé confère aux brasseurs de Dunham la palme de ma triple préférée parmi les trois.

Exercice de Style : La Triple (Partie 1)

Les bières triples sont aujourd’hui parmi les styles de bières belges les plus communs dans le marché nord-américain. Au Québec seulement, probablement un peu par l’influence bienveillante d’Unibroue, avec un classique comme la Fin du Monde, les amateurs de bières québécois ont pu se familiariser avec le style depuis déjà quelques décennies. Forte de cette influence, c’est avec joie que l’on peut donc constater que l’offre en bières triples de qualité est très grande chez les brasseurs québécois.

Les origines

On s’en doute, les triples d’abbaye proviennent d’abord et avant tout des monastères belges. L’histoire n’est pas unanime sur la provenance de la première bière belge triple brassée selon les principes authentiques d’une triple. On sait toutefois que la première bière à se déclarer comme étant une bière « triple » fut celle de la brasserie Westmalle, bien que bien d’autres bières avant cette date étaient de la même catégorie de style.

Le style

La bière triple désigne une bière typiquement blonde, plus forte en alcool, aux alentours des 9 ou 10%. On parle généralement des bières triples comme étant des bières sucrées, où la levure à la belge sera bien présente, ainsi qu’un parfum fruité et floral qui sera mis en évidence. En bouche, on recherchera également un aspect plus fruité, ainsi qu’un côté épicé, en plus de remarquer les notes d’alcool qui seront présentes, compte tenu du taux d’alcool élevé des triples.

La dégustation

Comme mentionné précédemment, nous sommes chanceux au Québec de pouvoir compter sur plusieurs bières triples de qualité internationale. De ce fait, plusieurs microbrasseries québécoises ont été mises à profit telles que le Trou du Diable avec sa Buteuse, Charlevoix avec la Dominus Vobiscum Triple et Dieu du Ciel avec sa nouvelle Genèse. Du côté international, la SAQ nous gâte avec deux des meilleures tripel au monde, soit la Gouden Carolus Triple de la brasserie Het Anker, ainsi que la Karmeliet de la brasserie Bosteels, nouvellement achetée par AB-InBev. Enfin, la brasserie Allagash, du Maine, l’une des brasseries les plus inspirées de la Belgique aux États-Unis, nous propose la Tripel.

Trou du Diable – La Buteuse

C’est un liquide blond qui nous accueille, avec au nez une levure belge imposante qui propose les classiques du style : poivre et épices, sucre, et même une impression de vin blanc. En bouche, ce qui nous frappe, c’est un équilibre intéressant, avec rien qui ne va vraiment prendre le dessus entre une petite effervescence, la levure belge étant présente, mais également avec un petit côté fruité rappelant les pommes vertes.

Tripel Karmeliet – Bosteels

La tripel la mieux cotée au monde selon le site RateBeer se révèle être de couleur blonde assez pâle, avec une grosse carbonatation. Au nez, la levure belge se bute également à un aspect plus sucré et citronné. Cet aspect citronné est définitivement mis de l’avant également en bouche, alors que le goût d’agrumes l’emporte sur les autres sensations, brisant quelque peu l’équilibre du liquide. C’est également assez poivré, ne faisant peut-être pas le meilleur mix de saveurs au final à mon humble avis.

Tripel – Allagash

Good beer is a good sign of a great year ahead. Wrapping up a beautiful long weekend in Maine. #allagashtripel

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La bière blonde est un peu voilée, toute en démontrant fort peu de carbonatation. L’arôme est assez inexistant, si bien que je commence à être un peu déçu avant même le début de la dégustation. En bouche, la bière est très sucrée, avec un peu de goût d’agrumes en finale. Une petite amertume me surprend également, en comparaison avec les deux bières précédemment dégustée.

Genèse – Dieu du Ciel!

Petite nouvelle dans la rotation des bières momentum de Dieu du Ciel!, la Genèse est une triple aux abricots fut offerte pour la première fois en bouteille au mois de septembre dernier. Au goût, on retrouve tout de suite les abricots qui sont bien mis en évidence, avec en plus une levure belge qui est également bien présente, donnant une attaque bien sucrée à la bière, tout en ayant également une certaine amertume, encore plus qu’avec la Tripel Réserve. Le tout se cherche peut-être un peu au final.

Gouden Carolus Tripel – Het Anker

Deuxième bière belge de la soirée, celle-ci présente une belle carbonatation avec une couleur blonde classique du style. Le nez est très fruité, avec une levure belge qui ne s’impose pas trop et des agrumes qui rendent cette bière bien aromatique. En bouche, ça se transforme pour le mieux, avec une approche très florale, différente des autres bières dégustées ce soir, ainsi que la levure belge sucrée, qui n’arrive qu’en deuxième plan, pour créer un beau mix de saveurs.

Dominus Vobiscum Triple – Charlevoix

Dernière bière de la soirée, Charlevoix a l’habitude de brasser de belles bières d’inspiration belge. La bière au visuel diffère des autres, en étant un peu plus ambrée, mais le nez est très classique, avec l’habituelle levure plutôt sucrée et un peu poivrée. En bouche, c’est très sucré, avec une levure qui s’impose un peu plus que pour les autres bières. L’effervescence est également très présente en bouche, de même qu’un peu de goût de caramel.

Le verdict

Même le plus chauvin des amateurs de bières québécoises pourrait tomber en amour avec cette Gouden Carolus Tripel. Certes, son profil un peu différent des autres avec un goût plus fin, floral, fait en sorte qu’elle se démarque peut-être un peu plus lors d’une dégustation comparative que lors d’un essai en solo. N’en reste pas moins qu’il s’agit d’une excellente bière dont la profondeur du profil de saveurs saura ravir les fans des deux côtés de l’Atlantique.

À suivre en partie 2 la semaine prochaine : La triple du nouveau monde…

La bière du dimanche : MABRASSERIE – Hoogan et Beaufort

La neige est en train de fondre, c’est le printemps dans quelques jours, les temps chauds ne se feront pas tarder (espérons). Signe du changement de saison, j’ai le goût de ranger au placard les grosses bières lourdes en alcool pour ressortir des bières plus légères. Dans cette optique, essayer une saison de MABRASSERIE me semble être une belle opportunité de me diversifier les papilles gustatives.

On parle donc cette semaine de la Hoogan et Beaufort, une saison plutôt légère à 4,2% d’alcool. La bière est brassée par la coopérative brassicole rosemontoise en exclusivité pour le restaurant situé au sein des Shop Angus. C’est la mode ces temps-ci pour les restaurants et commerces d’avoir leur bière exclusive, mais je dois avouer en regardant le menu des bières du restaurant que les propriétaires prennent au sérieux le monde brassicole : plusieurs bières en bouteilles de Hill Farmstead, la légendaire Westvleteren 12, la Gueuze de Boon, Fantôme, bref, beaucoup de belles choses. Allons voir si leur bouteille est digne de se placer à côté de ces grands classiques!

La dégustation

A little saison to celebrate my buddies b-day at #Mabrasserie. #hooganAndbeaufort #Saison #CooperativeBrewery

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La bouteille de 500 mL nous offre une bière blonde, dorée, avec un gros collet de mousse ainsi qu’une effervescence moyenne. Le nez  de la Hoogan et Beaufort est accueillant, avec beaucoup de différents arômes qui se révèlent, telles que la brett qui est plutôt subtile, du miel ainsi que le citron classique des saisons du style.

En bouche, les choses s’approfondissent à un point tel qu’il est difficile pour moi de dire ce que je remarque le plus dès les premières gorgées de la Hoogan et Beaufort. Le côté sucré du miel est encore là, avec une brett fruitée, le citron, une petite effervescence, la bière me surprend vraiment par sa profondeur. On a réellement une sensation de fraîcheur en buvant cette bière que l’on associe en quelque sorte au grain frais ou aux céréales qui se développe en fin de gorgée. La finale est plus axée sur les levures de saison, rappelant celle des saisons belges, donc plutôt sèche. Le tout est cohérant, facile à boire, complexe, profond, ce qui donne, à mon humble avis une bière de grande qualité.

Au final, ça donne peut-être une de mes bières favorites de 2017. Allez, courez en acheter à la boutique de MaBrasserie pendant qu’il en reste.

4.1 / 5

Pour voir ma notation de la Hoogan et Beaufort

Crédit photo : Annie Martineau

La bière du dimanche : Dieu du Ciel! – Péché Mortel

C’est toujours difficile pour moi de parler de classiques, parce que tout a déjà été dit sur les classiques. Mais en même temps, devant l’abondance des nouveautés sur les tablettes (Bières et Plaisirs parle même de 1000 nouveaux produits en tablette en 2016 du côté des brasseries québécoises uniquement), il est important, parfois, de prendre un peu de recul, et de revisiter des bières qui ont marqué la province, et même la planète, pour voir parfois quelle a été l’influence de cette bière sur d’autres bières du même style.

C’est donc dans cette optique que je parle cette semaine de la Péché Mortel dans sa version classique. Un des premiers exemples de stouts infusé de vrai café (avec notamment la Speedway Stout de AleSmith, en Californie), la réputation de la Péché Mortel n’est plus à faire. La bière est forte en alcool, à près de 10% d’alcool, et fait le bonheur des amateurs de bières depuis les débuts du pub du Dieu du Ciel!, il y a de cela près de deux décennies. La bière est si populaire qu’elle a maintenant son propre jour du calendrier, le Jour du Péché, où plusieurs bars d’à travers le monde propose des déclinaisons de la Péché Mortel, notamment des versions vieillie en fût de bourbon, avec ajout de fruits ou en infusant différents fruits.

La dégustation

Au visuel, c’est réellement un stout on ne peut plus plus classique. Une couleur noire opaque, avec une certaine carbonatation qui s’estompe rapidement, pour former une fine ligne de mousse qui restera au fil de la dégustation. Au nez, le café infusé ainsi que le grain torréfié prennent beaucoup de place, sans toutefois cacher un certain côté plus résineux, plus forestier, en arômes qui annonce une amertume probablement assez pertinente en bouche.

En bouche, on peut vraiment analyser, à mon sens, la Péché Mortel en trois temps. En premier lieu, on ne peut pas passer à côté du café qui est sans doute l’élément central de la bière. Mais on ne goûte pas que ça. Après avoir reconnu le café, on passe toute de suite à une amertume résineuse, très collante au palet, presque astringente. De cette rivalité entre l’amertume et la torréfaction émerge un corps très soyeux, rond, crémeux, qui vient réellement équilibrer la bière et la rendre franchement facile à boire, pour le style. Au final, on comprend pourquoi on a affaire à un classique en terminant la bouteille de 341 mL.

Pour voir ma notation de la Péché Mortel

Crédit Photo : Bières et Plaisirs

Quelles bières (re)découvrir à la Cuvée?

La Cuvée, édition hiver 2017 est de retour au salon 1861, dans Griffintown. Le décor est enchanteur, la musique des années ’50 rugit dans les haut-parleurs et quoi de mieux qu’une bonne bière en bonne compagnie dans un ancien lieu de culte? Difficile de trouver mieux!

Chose certaine, devant un menu d’environ une centaine de bières, il peut être difficile de se décider sur quoi choisir en face des différents kiosques mis sur pied pour l’événement. À défaut de faire comme d’autres listes et m’intéresser plus aux nouveautés et exclusivités que l’on pourrait uniquement retrouver à la Cuvée et nulle part ailleurs, j’ai décidé de vous présenter cinq bières dont la réputation n’est plus à faire. Voici donc, humblement, cinq choix qui m’ont sauté aux yeux lorsque j’ai pris le temps d’analyser les choix disponible pour cette année.

Dieu du Ciel! – Équinoxe du Printemps Bourbon

Scotch Ale, 9.5%

Le mercure commence à franchir les 0 degrés celsius, la neige fond tranquillement, et, curieusement, on commence à avoir le goût d’une bonne tire d’érable? Dieu du Ciel, avec la version barriquée de sa scotch ale classique, nous montre comment bien brasser une bière avec sirop d’érable, avec un sirop présent, sans prendre le dessus, un goût sucré digne des meilleures scotch ales, également bien vanillé, indiquant un gros ascendant de la barrique.

Brasserie Dunham – Saison Pinacle Réserve

Saison, 6.5%

Je ne suis pas le plus grand fan de la Saison Pinacle régulière. Je la considère étant une saison un peu trop axée sur le houblon et sur l’amertume, ce que j’aime moins. Son temps passé en barriques de vin rouge lui donne toutefois une toute autre allure. Le mélange du caractère très présent de la saison originale avec les brettanomyces, ainsi que son caractère plus vineux barriquée donne à cette bière un équilibre franchement intéressant.

🐒 #brasseriedunham @dunhambrasserie

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Pit Caribou – Kriek Porter

Porter aux cerises, 6.2%

Cette bière est beaucoup plus pour les amateurs de bières aventureux. Pit Caribou brasse plusieurs porters de grande qualité, que ce soit la Gaspésienne ou leur Tennessee Imperial Porter. Mais les brasseurs gaspésiens expérimentent encore plus avec ce nouveau brassin de ce porter commercialisé pour la première fois durant l’été 2015, lui apportant une acidité bien fruitée avec un goût assumé de cerises,  plaçant cette bière véritablement entre deux styles. La résultante est éclectique, et pourrait vous surprendre, faisant de cette bière une expérience franchement unique en son genre.

Sutton Broüerie – Session Abénaki

Session IPA, 4.4%

Après une bière franchement originale, une autre peut-être un peu plus conventionnelle avec la Session Abénaki. J’ai souvent parlé des bières de Sutton, vous ne serez donc pas surpris si je vous parle de cette session IPA également! Le problème avec certaines sessions est qu’elles ont parfois un corps plutôt mince, résultat du taux d’alcool faible. Cette bière présente un beau corps rond malgré ses 4.4%, tout en nous procurant une attaque de houblons exotiques nous donnant un bon punch d’agrumes et de mangues, qui est tout à fait agréable.

Trou du Diable – La Buteuse Brassin Spécial

Tripel vieillie en fût de Calvados, 10%

Un classique pour terminer, et non le moindre, avec une Triple Belge vieillie, peut-être l’une des bières les plus connues de la gamme des Brassins Spéciaux du Trou du Diable. Cette élégante bière combine avec attention une levure belge bien sucrée tirée de la Buteuse régulière, au goût fruité des pommes que l’on retrouve sans doute grâce au temps vieillie en barrique de calvados, donnant un tout équilibré entre le fruité et le sucré, sans pour autant devenir trop explosive dans son style.

C’est tout pour mes suggestions! En souhaitant à tous une super Cuvée, pleine de découvertes, et de bonnes bières.

Pour consulter la liste complète de bières disponibles sur place à la Cuvée, c’est ici.

Santé!

La bière du dimanche : Maltstrom – I.X.P.L

La brasserie Maltstrom, de Notre-Dame-des-Prairies, non loin de Joliette, commence à faire parler d’elle. Avec ses premières cannettes distribuées dans la grande région Montréalaise, les amateurs de bières ont pu remarquer avec plaisir une jeune brasserie qui sait déjà très où elle s’en va, avec, en prime, des produits originaux somme toute peu brassés au Québec, comme une Dunkel, une Bitter, ainsi que, l’objet de la chronique du jour, une IPL. Le maître-brasseur de la brasserie, Mike Fiset, un ancien de la brasserie l’Alchimiste, une autre brasserie bien connue du coin, s’illustre donc dans plusieurs styles différents de ce dont on est habitué de voir comme premiers brassins distribués en magasin.

On s’intéresse cette semaine à leur I.X.P.L, une variation lagerisée d’une IPA, c’est-à-dire, avec une levure différente, ainsi qu’une température de fermentation plus basse qu’une ale. Comme mentionné précédemment, les IPL sont encore assez rares au Québec, les lagers étant en général plutôt boudés par une bonne partie des microbrasseurs ces dernières années. Voyons voir qu’est-ce que ça donne du côté de cette I.X.P.L!

La dégustation

La canette de 473 mL nous offre une bière blonde opaque, très voilée, digne des plus belles NEIPA, avec une bonne carbonatation. Au nez, les houblons que l’on annonce sur la canette, le Citra et le Galaxy, se mettent très bien en évidence, avec des relents d’agrumes persistants, qui nous donnent des arômes d’agrumes tels que le pamplemousse et l’ananas, ce qui donne une arôme réellement bien réussie pour la I.X.P.L.

En bouche, c’est vraiment frappant à quel point cette bière diffère des IPL qui m’ont été données d’essayer jusqu’à présent. Il me serait impossible d’identifier dans une dégustation à l’aveugle si cette bière serait une lager ou une ale. L’équilibre est tout aussi frappant, alors que l’I.X.P.L. n’est pas réellement d’un jus de fruit, mais bien plutôt d’une bière fort bien équilibrée. Une petite amertume nous accompagne tout au long de la dégustation, accompagnées des saveurs de mangues et d’agrumes préalablement senties, tout en subtilité.

Cette I.X.P.L. est réellement un charme à boire, et risque d’être fortement populaire l’été prochain pour les températures chaudes… Cette brasserie est définitivement à suivre.

4 / 5

Pour voir ma notation de l’I.X.P.L.

Crédit photo : Bières et Plaisirs

La bière du dimanche : MABRASSERIE – Tribale Session IPA

J’ai souvent parlé sur les lignes de ce site de MABRASSERIE, de son modèle d’affaire et de ses bières. Marc Bélanger, brasseur ayant fait ses armes avec les classiques du Brouhaha expérimente un peu plus avec les styles et le houblon dans le cadre de son nouveau projet de coopérative brassicole. On voit apparaître de plus en plus de bières de différents horizons en bouteilles et en fût sur place, ce qui est franchement de bon augure pour le futur de cette jeune entreprise, qui fait déjà des jaloux ailleurs au Québec.

Aujourd’hui, on essaie la Tribale Session IPA, embouteillée pour la première fois au début de 2017 par la coopérative. Après avoir brassé une Double IPA, une IPA et une Pale Ale, c’est tout naturel que la famille des bières Tribale s’agrandit pour accueillir une Session en son sein. Bien que cette dernière ait été embouteillée avec des bouteilles brunes standards, on apprenait en primeur en écoutant l’épisode 33 des Péteux de Broue, en direct de MABRASSERIE, que cette dernière serait bientôt disponible en canettes, probablement déjà un hit assuré pour l’été 2017. Voyons voir à quoi on a affaire pour ce qui est du liquide.

La Dégustation

La bouteille de 500 mL nous verse un liquide blond pâle, quelque peu voilé, qui nous surprend par son abondante carbonatation et une très bonne effervescence. Le nez est définitivement un point fort de cette Session avec une bonne dose de houblon donnant une aromatique très agrumée de citrons et de limes.

Au goût, on remarque tout de suite l’amertume, qui est très tranchante chez cette bière. Le corps est un peu malté, si bien qu’au milieu de cette grande amertume et de ce goût un peu caramélisé, on ne parvient pas à apprécier les saveurs fruitées qu’on reconnaissait si facilement au nez. Au fil des gorgées, alors que la température du liquide se réchauffe, on parvient de plus en plus à distinguer les agrumes, mais l’amertume n’en démord pas, si bien qu’au final, on a l’impression de goûter un liquide un peu mince, en dépit d’un nez très intéressant. Pour les futurs brassins, il serait intéressant d’avoir une Session un peu moins amère, pour augmenter son niveau de buvabilité.

3,5 / 5

Pour voir ma notation de la Session IPA

Crédit photo : Ça Brasse