La bière du dimanche : MABRASSERIE – Hoogan et Beaufort

La neige est en train de fondre, c’est le printemps dans quelques jours, les temps chauds ne se feront pas tarder (espérons). Signe du changement de saison, j’ai le goût de ranger au placard les grosses bières lourdes en alcool pour ressortir des bières plus légères. Dans cette optique, essayer une saison de MABRASSERIE me semble être une belle opportunité de me diversifier les papilles gustatives.

On parle donc cette semaine de la Hoogan et Beaufort, une saison plutôt légère à 4,2% d’alcool. La bière est brassée par la coopérative brassicole rosemontoise en exclusivité pour le restaurant situé au sein des Shop Angus. C’est la mode ces temps-ci pour les restaurants et commerces d’avoir leur bière exclusive, mais je dois avouer en regardant le menu des bières du restaurant que les propriétaires prennent au sérieux le monde brassicole : plusieurs bières en bouteilles de Hill Farmstead, la légendaire Westvleteren 12, la Gueuze de Boon, Fantôme, bref, beaucoup de belles choses. Allons voir si leur bouteille est digne de se placer à côté de ces grands classiques!

La dégustation

A little saison to celebrate my buddies b-day at #Mabrasserie. #hooganAndbeaufort #Saison #CooperativeBrewery

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La bouteille de 500 mL nous offre une bière blonde, dorée, avec un gros collet de mousse ainsi qu’une effervescence moyenne. Le nez  de la Hoogan et Beaufort est accueillant, avec beaucoup de différents arômes qui se révèlent, telles que la brett qui est plutôt subtile, du miel ainsi que le citron classique des saisons du style.

En bouche, les choses s’approfondissent à un point tel qu’il est difficile pour moi de dire ce que je remarque le plus dès les premières gorgées de la Hoogan et Beaufort. Le côté sucré du miel est encore là, avec une brett fruitée, le citron, une petite effervescence, la bière me surprend vraiment par sa profondeur. On a réellement une sensation de fraîcheur en buvant cette bière que l’on associe en quelque sorte au grain frais ou aux céréales qui se développe en fin de gorgée. La finale est plus axée sur les levures de saison, rappelant celle des saisons belges, donc plutôt sèche. Le tout est cohérant, facile à boire, complexe, profond, ce qui donne, à mon humble avis une bière de grande qualité.

Au final, ça donne peut-être une de mes bières favorites de 2017. Allez, courez en acheter à la boutique de MaBrasserie pendant qu’il en reste.

4.1 / 5

Pour voir ma notation de la Hoogan et Beaufort

Crédit photo : Annie Martineau

La bière du dimanche : Dieu du Ciel! – Péché Mortel

C’est toujours difficile pour moi de parler de classiques, parce que tout a déjà été dit sur les classiques. Mais en même temps, devant l’abondance des nouveautés sur les tablettes (Bières et Plaisirs parle même de 1000 nouveaux produits en tablette en 2016 du côté des brasseries québécoises uniquement), il est important, parfois, de prendre un peu de recul, et de revisiter des bières qui ont marqué la province, et même la planète, pour voir parfois quelle a été l’influence de cette bière sur d’autres bières du même style.

C’est donc dans cette optique que je parle cette semaine de la Péché Mortel dans sa version classique. Un des premiers exemples de stouts infusé de vrai café (avec notamment la Speedway Stout de AleSmith, en Californie), la réputation de la Péché Mortel n’est plus à faire. La bière est forte en alcool, à près de 10% d’alcool, et fait le bonheur des amateurs de bières depuis les débuts du pub du Dieu du Ciel!, il y a de cela près de deux décennies. La bière est si populaire qu’elle a maintenant son propre jour du calendrier, le Jour du Péché, où plusieurs bars d’à travers le monde propose des déclinaisons de la Péché Mortel, notamment des versions vieillie en fût de bourbon, avec ajout de fruits ou en infusant différents fruits.

La dégustation

Au visuel, c’est réellement un stout on ne peut plus plus classique. Une couleur noire opaque, avec une certaine carbonatation qui s’estompe rapidement, pour former une fine ligne de mousse qui restera au fil de la dégustation. Au nez, le café infusé ainsi que le grain torréfié prennent beaucoup de place, sans toutefois cacher un certain côté plus résineux, plus forestier, en arômes qui annonce une amertume probablement assez pertinente en bouche.

En bouche, on peut vraiment analyser, à mon sens, la Péché Mortel en trois temps. En premier lieu, on ne peut pas passer à côté du café qui est sans doute l’élément central de la bière. Mais on ne goûte pas que ça. Après avoir reconnu le café, on passe toute de suite à une amertume résineuse, très collante au palet, presque astringente. De cette rivalité entre l’amertume et la torréfaction émerge un corps très soyeux, rond, crémeux, qui vient réellement équilibrer la bière et la rendre franchement facile à boire, pour le style. Au final, on comprend pourquoi on a affaire à un classique en terminant la bouteille de 341 mL.

Pour voir ma notation de la Péché Mortel

Crédit Photo : Bières et Plaisirs

Quelles bières (re)découvrir à la Cuvée?

La Cuvée, édition hiver 2017 est de retour au salon 1861, dans Griffintown. Le décor est enchanteur, la musique des années ’50 rugit dans les haut-parleurs et quoi de mieux qu’une bonne bière en bonne compagnie dans un ancien lieu de culte? Difficile de trouver mieux!

Chose certaine, devant un menu d’environ une centaine de bières, il peut être difficile de se décider sur quoi choisir en face des différents kiosques mis sur pied pour l’événement. À défaut de faire comme d’autres listes et m’intéresser plus aux nouveautés et exclusivités que l’on pourrait uniquement retrouver à la Cuvée et nulle part ailleurs, j’ai décidé de vous présenter cinq bières dont la réputation n’est plus à faire. Voici donc, humblement, cinq choix qui m’ont sauté aux yeux lorsque j’ai pris le temps d’analyser les choix disponible pour cette année.

Dieu du Ciel! – Équinoxe du Printemps Bourbon

Scotch Ale, 9.5%

Le mercure commence à franchir les 0 degrés celsius, la neige fond tranquillement, et, curieusement, on commence à avoir le goût d’une bonne tire d’érable? Dieu du Ciel, avec la version barriquée de sa scotch ale classique, nous montre comment bien brasser une bière avec sirop d’érable, avec un sirop présent, sans prendre le dessus, un goût sucré digne des meilleures scotch ales, également bien vanillé, indiquant un gros ascendant de la barrique.

Brasserie Dunham – Saison Pinacle Réserve

Saison, 6.5%

Je ne suis pas le plus grand fan de la Saison Pinacle régulière. Je la considère étant une saison un peu trop axée sur le houblon et sur l’amertume, ce que j’aime moins. Son temps passé en barriques de vin rouge lui donne toutefois une toute autre allure. Le mélange du caractère très présent de la saison originale avec les brettanomyces, ainsi que son caractère plus vineux barriquée donne à cette bière un équilibre franchement intéressant.

🐒 #brasseriedunham @dunhambrasserie

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Pit Caribou – Kriek Porter

Porter aux cerises, 6.2%

Cette bière est beaucoup plus pour les amateurs de bières aventureux. Pit Caribou brasse plusieurs porters de grande qualité, que ce soit la Gaspésienne ou leur Tennessee Imperial Porter. Mais les brasseurs gaspésiens expérimentent encore plus avec ce nouveau brassin de ce porter commercialisé pour la première fois durant l’été 2015, lui apportant une acidité bien fruitée avec un goût assumé de cerises,  plaçant cette bière véritablement entre deux styles. La résultante est éclectique, et pourrait vous surprendre, faisant de cette bière une expérience franchement unique en son genre.

Sutton Broüerie – Session Abénaki

Session IPA, 4.4%

Après une bière franchement originale, une autre peut-être un peu plus conventionnelle avec la Session Abénaki. J’ai souvent parlé des bières de Sutton, vous ne serez donc pas surpris si je vous parle de cette session IPA également! Le problème avec certaines sessions est qu’elles ont parfois un corps plutôt mince, résultat du taux d’alcool faible. Cette bière présente un beau corps rond malgré ses 4.4%, tout en nous procurant une attaque de houblons exotiques nous donnant un bon punch d’agrumes et de mangues, qui est tout à fait agréable.

Trou du Diable – La Buteuse Brassin Spécial

Tripel vieillie en fût de Calvados, 10%

Un classique pour terminer, et non le moindre, avec une Triple Belge vieillie, peut-être l’une des bières les plus connues de la gamme des Brassins Spéciaux du Trou du Diable. Cette élégante bière combine avec attention une levure belge bien sucrée tirée de la Buteuse régulière, au goût fruité des pommes que l’on retrouve sans doute grâce au temps vieillie en barrique de calvados, donnant un tout équilibré entre le fruité et le sucré, sans pour autant devenir trop explosive dans son style.

C’est tout pour mes suggestions! En souhaitant à tous une super Cuvée, pleine de découvertes, et de bonnes bières.

Pour consulter la liste complète de bières disponibles sur place à la Cuvée, c’est ici.

Santé!

La bière du dimanche : Maltstrom – I.X.P.L

La brasserie Maltstrom, de Notre-Dame-des-Prairies, non loin de Joliette, commence à faire parler d’elle. Avec ses premières cannettes distribuées dans la grande région Montréalaise, les amateurs de bières ont pu remarquer avec plaisir une jeune brasserie qui sait déjà très où elle s’en va, avec, en prime, des produits originaux somme toute peu brassés au Québec, comme une Dunkel, une Bitter, ainsi que, l’objet de la chronique du jour, une IPL. Le maître-brasseur de la brasserie, Mike Fiset, un ancien de la brasserie l’Alchimiste, une autre brasserie bien connue du coin, s’illustre donc dans plusieurs styles différents de ce dont on est habitué de voir comme premiers brassins distribués en magasin.

On s’intéresse cette semaine à leur I.X.P.L, une variation lagerisée d’une IPA, c’est-à-dire, avec une levure différente, ainsi qu’une température de fermentation plus basse qu’une ale. Comme mentionné précédemment, les IPL sont encore assez rares au Québec, les lagers étant en général plutôt boudés par une bonne partie des microbrasseurs ces dernières années. Voyons voir qu’est-ce que ça donne du côté de cette I.X.P.L!

La dégustation

La canette de 473 mL nous offre une bière blonde opaque, très voilée, digne des plus belles NEIPA, avec une bonne carbonatation. Au nez, les houblons que l’on annonce sur la canette, le Citra et le Galaxy, se mettent très bien en évidence, avec des relents d’agrumes persistants, qui nous donnent des arômes d’agrumes tels que le pamplemousse et l’ananas, ce qui donne une arôme réellement bien réussie pour la I.X.P.L.

En bouche, c’est vraiment frappant à quel point cette bière diffère des IPL qui m’ont été données d’essayer jusqu’à présent. Il me serait impossible d’identifier dans une dégustation à l’aveugle si cette bière serait une lager ou une ale. L’équilibre est tout aussi frappant, alors que l’I.X.P.L. n’est pas réellement d’un jus de fruit, mais bien plutôt d’une bière fort bien équilibrée. Une petite amertume nous accompagne tout au long de la dégustation, accompagnées des saveurs de mangues et d’agrumes préalablement senties, tout en subtilité.

Cette I.X.P.L. est réellement un charme à boire, et risque d’être fortement populaire l’été prochain pour les températures chaudes… Cette brasserie est définitivement à suivre.

4 / 5

Pour voir ma notation de l’I.X.P.L.

Crédit photo : Bières et Plaisirs

La bière du dimanche : MABRASSERIE – Tribale Session IPA

J’ai souvent parlé sur les lignes de ce site de MABRASSERIE, de son modèle d’affaire et de ses bières. Marc Bélanger, brasseur ayant fait ses armes avec les classiques du Brouhaha expérimente un peu plus avec les styles et le houblon dans le cadre de son nouveau projet de coopérative brassicole. On voit apparaître de plus en plus de bières de différents horizons en bouteilles et en fût sur place, ce qui est franchement de bon augure pour le futur de cette jeune entreprise, qui fait déjà des jaloux ailleurs au Québec.

Aujourd’hui, on essaie la Tribale Session IPA, embouteillée pour la première fois au début de 2017 par la coopérative. Après avoir brassé une Double IPA, une IPA et une Pale Ale, c’est tout naturel que la famille des bières Tribale s’agrandit pour accueillir une Session en son sein. Bien que cette dernière ait été embouteillée avec des bouteilles brunes standards, on apprenait en primeur en écoutant l’épisode 33 des Péteux de Broue, en direct de MABRASSERIE, que cette dernière serait bientôt disponible en canettes, probablement déjà un hit assuré pour l’été 2017. Voyons voir à quoi on a affaire pour ce qui est du liquide.

La Dégustation

La bouteille de 500 mL nous verse un liquide blond pâle, quelque peu voilé, qui nous surprend par son abondante carbonatation et une très bonne effervescence. Le nez est définitivement un point fort de cette Session avec une bonne dose de houblon donnant une aromatique très agrumée de citrons et de limes.

Au goût, on remarque tout de suite l’amertume, qui est très tranchante chez cette bière. Le corps est un peu malté, si bien qu’au milieu de cette grande amertume et de ce goût un peu caramélisé, on ne parvient pas à apprécier les saveurs fruitées qu’on reconnaissait si facilement au nez. Au fil des gorgées, alors que la température du liquide se réchauffe, on parvient de plus en plus à distinguer les agrumes, mais l’amertume n’en démord pas, si bien qu’au final, on a l’impression de goûter un liquide un peu mince, en dépit d’un nez très intéressant. Pour les futurs brassins, il serait intéressant d’avoir une Session un peu moins amère, pour augmenter son niveau de buvabilité.

3,5 / 5

Pour voir ma notation de la Session IPA

Crédit photo : Ça Brasse

La marché de la bière sans gluten

Fallait y être pour comprendre. Une petite centaine de personnes réunies, alignées, dans le froid à -5 degrés celsius. Pour une bière. Une bière sans gluten. Pas n’importe quelle bière sans gluten, certes, mais une bière sans gluten tout de même. Le Trou du Diable, en collaboration avec la brasserie vermontoise Hill Farmstead, lançait l’Argan, une bière sans gluten, une bière sûre vieillie pendant plus de deux ans dans des fûts de chêne. Sauf erreur, c’est la première fois que les deux brasseries lançaient une bière sans gluten, rendant l’expérience encore plus unique pour les amateurs réunis sur place.

Le marché des bières sans gluten est de plus en plus recherché par les brasseurs nord-américains. Alors qu’au Québec, c’est surtout des brasseries spécialisées en produits sans gluten telles que Glutenberg, des grosses brasseries américaines ont pris d’assaut le marché des cœliaques. En effet, de gros joueurs tels que New Belgium, Wicked Weed, Dogfish Head ou encore Stone ont commencé à produire des bières sans gluten.

Un marché en croissance

On sent tout de même que la production de bières sans gluten reste en quelque sorte stigmatisé. On voit encore une certaine mauvaise réputation entourant la production de ce type de bière à grain spécial. Et ce, même si la production d’une bière sans gluten est un marché dont la croissance a explosé au courant des dernières années, et si l’on en croit les estimations de firmes de recherche, restera en croissance pour au moins les cinq prochaines années.

@glutenbergbeer ❤👌🍻 . #glutenberg #winemattersandmore

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Si l’on en croit les chiffres, il y a certainement une opportunité pour les brasseurs québécois et nord-américains pour continuer dans cette lignée. Il y a fort à parier qu’il y aura de plus en plus de bières sans gluten créées par des brasseries utilisant traditionnellement du malt avec gluten, cherchant à imiter les grandes brasseries artisanales américaines. Et il y a fort à parier que quelques autres brasseries sans gluten risquent de naître prochainement au Canada.

Et en passant, pour ceux qui doutent encore que des bières sans gluten peuvent être bonnes, allez regarder les premières critiques que l’on peut retrouver de l’Argan sur Untappd. Ça semble assez unanime.

Crédit photo : Trou du diable

La bière du dimanche : Brasseurs du Temps – Dumduminatrice

Peut-être un peu oubliée au courant des dernières mois,  les amateurs ne parlent pas beaucoup des Brasseurs du Temps. En offrant des bières tout à fait honnêtes, dont leur excellente DumDuminator, la brasserie hulloise a réussi à devenir un incontournable brassicole de la région de Gatineau-Ottawa. En dehors de la région de la capitale, par contre, on tient un peu cette brasserie pour acquise.

Cette semaine, on déguste une version bonifiée de la DumDumdinator, la DumDuminatrice. À la base brassée l’été dernier par la brasserie, on a enfin vu cette bière distribuée à Montréal et ailleurs au Québec avant les fêtes. On a ajouté à la doppelweizenbock une bonne dose de cerise, pour complexifier encore plus cette bière. Alors que les bocks allemandes sont d’ordinaire déjà plutôt fruitées, on va voir comment cette nouvelle DumDuminatrice se traduit avec des cerises en plus.

La dégustation

La bouteille de 750mL se débouche, pour verser un liquide brun, rappelant sa version originale, avec toutefois une petite touche ambrée ou rougeâtre, annonçant sans doute les cerises.  Au nez, ça diffère grandement de la DumDuminator, avec la cerise qui est bien présente. C’est une surprise pour moi, puisque souvent les bières avec des cerises ont un arôme très subtil. On trouve également un arôme de bonbons dans cette DumDuminatrice, ce qui annonce une bière bien sucrée, plutôt différente de l’originale.

En bouche, les saveurs de cerise de la DumDuminatrice sont tout aussi présentes qu’au nez. Je suis honnêtement un peu surpris, ne m’attendant pas à autant de cerises dans cette bière. On dirait une bière à mi-chemin entre une kriek, sans le côté surette, et une bock standard. Cette DumDuminatrice est surprenante parce qu’à mon humble avis, les levures allemandes se marient pas très bien au goût bien assumé de la cerise. Le mélange se fait, à mon avis, plutôt difficilement en bouche, et c’est pour moi une bière à retravailler dans les saveurs. J’apprécie toutefois l’effort, c’est en aucun cas une mauvaise bière, peut-être pas, ceci dit, ce à quoi je m’attendais.

3.5 / 5

Pour voir ma notation de la DumDuminatrice

Crédit photo : Trip Advisor

La bière du dimanche : Brasserie Vrooden – Doppelbock

C’est la deuxième fois que je parle dans une de mes chroniques de la brasserie Vrooden. Toute nouvelle brasserie située à Granby, elle a réussi à prendre sa place dans le milieu brassicole, tout en n’ayant pas encore un an d’existence. C’est d’autant plus impressionnant qu’elle brasse uniquement des bières de tradition allemande, un style qui n’est peut-être pas le plus connu et apprécié des amateurs de bières québécoises à l’heure actuelle. Lorsque j’avais écris sur eux en Août, j’avais adoré leur Weizen.

Aujourd’hui on déguste la Doppelbock. Doppel se traduisant par double, une doppelbock est une bock traditionnellement plus forte en alcool et plutôt maltée, avec une touche de levure allemande venant agrémenter un corps riche, rond, aux saveurs plutôt caramélisées. La version Vrooden veut, fidèle à son image, présenter sa Dopplebock comme étant brassée dans la plus pure tradition allemande. Voyons voir comment ça se traduit.

La dégustation

Dès les premières gouttes de cette bouteille de 500 mL versées, on aperçoit un liquide plutôt noir, aux reflets bruns, avec une petite ligne de carbonatation. Au nez, le profil est intéressant, avec d’abord des impressions sucrées, avec des petits fruits et du sucre d’orge. On sent le profil bien malté et caramélisé de la bière, avec une présence alcoolisé également, qui cache mal les 8% d’alcool que cette bière contient.

En bouche, ce qui me marque dès les premières gorgées, c’est l’aspect soyeux de cette Doppelbock. Au niveau du corps, ça me fait presque penser à un stout. Crémeuse à souhait, avec également une touche torréfiée, on retrouve les saveurs sucrées présentes au nez, avec une touche caramélisée, ainsi qu’une bonne dose d’alcool. La présence de l’alcool est pour moi un point à améliorer de cette Doppelbock, qui aurait avantage à être retravaillée.  La bière reste toutefois fort buvable et appréciable.

3,7 / 5

Pour voir ma notation de la Dopplebock

Crédit photo : Ça Brasse

Cinq tendances bières à suivre en 2017

Après avoir passé les derniers articles à regarder ce qui s’est passé cette année, vient le temps de penser au futur. Les tendances bières de nos jours évoluent aussi vite que le marché lui-même, dans un marché en constante ébullition. Il est intéressant de voir ce qui se fait ailleurs, pour aller analyser quelles sont les tendances bières qui feront de 2017 une année intéressante au niveau de la bière au Québec.

Plus de fruits!

Les bières surettes et les IPAs ont toujours la cote dans les brasseries et broue-pubs de la province, et, quel hasard, les deux styles proposent des saveurs hautement fruitées. Les brasseurs utilisent beaucoup de vrais fruits lors du brassage, et cette tendance devrait s’accentuer en 2017. De plus, on sent un engouement chez les brasseries nord-américaines (telles que Jester King, où même Auval) vers un véritable retour à la terre, en exploitant le concept de ferme brassicole,  en utilisant le produit de leur propre agriculture pour obtenir des ingrédients locaux pour brasser des bières. Ça promet.

Régionalisation du marché

Les brasseries, devant une compétition grandissante dans les quatre coins du Québec, se rabattent sur les marchés locaux. De plus en plus de brasseries font désormais passer en priorité les marchands locaux, avant de penser à distribuer à grande échelle. On a vu par exemple la brasserie rimouskoise Le Bien, le Malt créer une gamme (La gamme « La Rimouskoise ») uniquement dédiée aux restaurants et commerces locaux. En 2017, une nouvelle brasserie basée à Limoilou va uniquement faire des petits brassins dédiée aux commerces du quartier. On risque de voir ce genre de partenariats s’accentuer aux quatre coins de la province.

Spécialisation des brasseries

Au fil de mes voyages brassicoles, je vois des brasseries, telles que Oxbow Brewing au Maine, ou Half Hours on Earth en Ontario, commencer à se spécialiser dans des styles de bières bien précises. Alors que la philosophie au Québec des premières brasseries était de brasser dans un large éventail de styles, on pourrait commencer à voir à l’horizon des projets de brasseries qui se spécialisent dans un style unique de bières. On peut déjà penser à Vrooden, à Granby, se spécialisant uniquement dans les bières de tradition allemandes, quoique les bières allemandes soient loin d’être monolithiques dans leurs styles…

Des rachats…

Pas besoin de passer beaucoup de temps là-dessus, on a vu au Québec des brasseries se faire racheter en 2016 et cette tendance devrait s’observer encore en 2017, alors que les grandes compagnies de bières cherchent à s’approprier une partie des revenus grandissant du marché des bières artisanales. Ça va continuer en 2017.

Des fermetures

Sun sets on this ghost town, my town. Okay, ghost town maybe a bit of an exaggeration, seems there’s a parade here every other month at least, and some pretty good concerts at the theatre there. But, like many Nova Scotia towns, things can get pretty quiet at dusk. Soon, our friends @shbprincipal will be opening a Brewery and taproom down here, I suspect that’ll boost the scene here! Microbrasserie Goudale La Gose Town 4.4%. Very nice Gose, lemony tart, prickly carbonation, some saltiness that dries out lickety split before it gets by the tip of your tongue, super refreshing, as I expect the new taproom to be. #beer #instabeer #beergram #beertography #beerart #labelart #beerlabel #ghosttown #sunset #windsor #novascotia #gose #craftnotcrap #craftbeernotcrapbeer #craftbeer #drinkcraft #drinkcraftbeer #sourale #microbrasserie #goudale #local #supportlocal #bier #biere #birra #cerveza #smalltown

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Malheureusement, devant l’engouement de la création de brasseries autour de la province, d’autres brasseries sont nécessairement passées à l’arrière-plan. On a appris dernièrement que La Goudale, à Boisbriand, était en vente, et d’autres microbrasseries plus « vieilles » pourraient suivre le pas, si elles ne s’adaptent pas à un marché changeant.

À bon entendeur…

La bière du dimanche : Brasseurs Illimités – Scotch Ale Impériale

La brasserie Brasseurs Illimités sont bien connus de la scène brassicole québécoise, mais ne fait peut-être pas partie des brasseries les plus parlées au Québec, pour différentes raisons. Avec une grosse gamme de produits, en plus de produire des bières exclusives pour différents commerces et événements, la brasserie de la Rive-Nord fait certainement partie des gros joueurs de l’industrie, avec une gamme qui varie beaucoup en termes de styles et de qualité.

Aujourd’hui, on passe en revue la Scotch Ale Impériale, produite en exclusivité pour le Marché du Village, à l’Ange-Gardien, un des endroits les plus intéressants au Québec pour acheter des bières de microbrasseries. Brasseurs Illimités et le Marché du village ont débuté une collaboration pour sortir une nouvelle bière exclusive au Marché à chaque année, et après la Scotch Ale Impériale, nous avons vu apparaître sur leurs tablettes la Barley Wine ainsi que la Quadrupel.

La dégustation

La bouteille de 750 mL verse un liquide à première vue assez épais et syrupeux, avec une intense carbonatation et également une bonne effervescence, ce qui m’étonne pour une bière ayant séjournée en barriques de chêne. Au niveau des arômes, c’est plutôt fidèle au style avec du sucre d’orge ainsi que de la mélasse qui émane de la Scotch Ale Impériale, mais avec également une certaine amertume terreuse intéressante, qui vient donner un peu d’originalité au liquide.

En bouche, on remarque d’abord et avant un corps très rond et intense, qui me fait quasiment plus penser à un stout qu’à une scotch ale. La Scotch Ale Impériale se démarque également part un goût boisé développé, ce qui me séduit. Trop souvent, les bières vieillies en barrique ne développent que très peu le goût de la barrique, mais celle-ci affirme un caractère barriqué bien développé. Les saveurs traditionnelles de la scotch ale viennent ensuite, mais toutefois, on remarque également beaucoup d’effervescence, ce qui vient également me surprendre.

As you can see from the picture, it’s a pretty sexy looking bottle. So let’s drink it already (and by let’s, I mean me, alone, in the snow). It pours out a extremely dark and sexy chestnut brown, with a perfect little beige head that reduces down to a frothy layer; resting there throughout the whole drinking experience. On the aroma, I certainly get that “Scotch Ale” caramel malty thing happening, but there is this fantastic rich bourbon vanilla aroma that leads the way. There are also lots of dried fruit – like dates and raisins – alongside some very subtle and rich vinous notes. It’s a bit oaky, and slightly earthy, with lots of toasted nuts, and caramel sugars helping it along. This is quite inviting, and the 11.9% isn’t very apparent at all – impressive. After my first sip, I like this – a lot actually. My fear was that this one was going to be a sugar bomb and, although there is certainly some slight syrupy sweetness, there is an amazingly powerful bitterness that cuts it down beautifully (with the help of a slightly astringent ethanol finish). It’s very fruity as well, more so than the nose let on. Lots of plums and berries mix well with a toasted caramel malt base. There is also just a slight bit of vinous tartness that helps cut the sugars, which I presume comes from the brandy. The bourbon is very much there as well, although not quite as potent as it was on the nose. The finish lingers with hits of vanilla, oak, bourbon and Brandy, alongside a strapping bitterness and some slight tartness. The mouthful is very full bodied, with a nice creamy texture, and minimal carbonation. Read more at Beerism.ca… #craftbeer #beer #marcheduvillage #scotchaleimpériale #beerism #scotchale #barrelaged #barrelagedbeer #bourbonbarrelaged #brandybarrelaged #quebecbeer #montreal

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Au final, cette scotch ale est fort bien réalisée, en ayant un caractère bien à elle, tout en respectant très bien le style d’origine. Avec une belle complexité et une profondeur, on peut comprendre pourquoi elle est fort appréciée chez les amateurs de bières.

3,9 / 5

Pour voir ma notation de la Scotch Ale Impériale

Crédit photo : Brasseurs Illimités