La bière du dimanche : Brasseurs Illimités – Scotch Ale Impériale

La brasserie Brasseurs Illimités sont bien connus de la scène brassicole québécoise, mais ne fait peut-être pas partie des brasseries les plus parlées au Québec, pour différentes raisons. Avec une grosse gamme de produits, en plus de produire des bières exclusives pour différents commerces et événements, la brasserie de la Rive-Nord fait certainement partie des gros joueurs de l’industrie, avec une gamme qui varie beaucoup en termes de styles et de qualité.

Aujourd’hui, on passe en revue la Scotch Ale Impériale, produite en exclusivité pour le Marché du Village, à l’Ange-Gardien, un des endroits les plus intéressants au Québec pour acheter des bières de microbrasseries. Brasseurs Illimités et le Marché du village ont débuté une collaboration pour sortir une nouvelle bière exclusive au Marché à chaque année, et après la Scotch Ale Impériale, nous avons vu apparaître sur leurs tablettes la Barley Wine ainsi que la Quadrupel.

La dégustation

La bouteille de 750 mL verse un liquide à première vue assez épais et syrupeux, avec une intense carbonatation et également une bonne effervescence, ce qui m’étonne pour une bière ayant séjournée en barriques de chêne. Au niveau des arômes, c’est plutôt fidèle au style avec du sucre d’orge ainsi que de la mélasse qui émane de la Scotch Ale Impériale, mais avec également une certaine amertume terreuse intéressante, qui vient donner un peu d’originalité au liquide.

En bouche, on remarque d’abord et avant un corps très rond et intense, qui me fait quasiment plus penser à un stout qu’à une scotch ale. La Scotch Ale Impériale se démarque également part un goût boisé développé, ce qui me séduit. Trop souvent, les bières vieillies en barrique ne développent que très peu le goût de la barrique, mais celle-ci affirme un caractère barriqué bien développé. Les saveurs traditionnelles de la scotch ale viennent ensuite, mais toutefois, on remarque également beaucoup d’effervescence, ce qui vient également me surprendre.

As you can see from the picture, it’s a pretty sexy looking bottle. So let’s drink it already (and by let’s, I mean me, alone, in the snow). It pours out a extremely dark and sexy chestnut brown, with a perfect little beige head that reduces down to a frothy layer; resting there throughout the whole drinking experience. On the aroma, I certainly get that “Scotch Ale” caramel malty thing happening, but there is this fantastic rich bourbon vanilla aroma that leads the way. There are also lots of dried fruit – like dates and raisins – alongside some very subtle and rich vinous notes. It’s a bit oaky, and slightly earthy, with lots of toasted nuts, and caramel sugars helping it along. This is quite inviting, and the 11.9% isn’t very apparent at all – impressive. After my first sip, I like this – a lot actually. My fear was that this one was going to be a sugar bomb and, although there is certainly some slight syrupy sweetness, there is an amazingly powerful bitterness that cuts it down beautifully (with the help of a slightly astringent ethanol finish). It’s very fruity as well, more so than the nose let on. Lots of plums and berries mix well with a toasted caramel malt base. There is also just a slight bit of vinous tartness that helps cut the sugars, which I presume comes from the brandy. The bourbon is very much there as well, although not quite as potent as it was on the nose. The finish lingers with hits of vanilla, oak, bourbon and Brandy, alongside a strapping bitterness and some slight tartness. The mouthful is very full bodied, with a nice creamy texture, and minimal carbonation. Read more at Beerism.ca… #craftbeer #beer #marcheduvillage #scotchaleimpériale #beerism #scotchale #barrelaged #barrelagedbeer #bourbonbarrelaged #brandybarrelaged #quebecbeer #montreal

A photo posted by Noah Forrest (@beerism.ca) on

Au final, cette scotch ale est fort bien réalisée, en ayant un caractère bien à elle, tout en respectant très bien le style d’origine. Avec une belle complexité et une profondeur, on peut comprendre pourquoi elle est fort appréciée chez les amateurs de bières.

3,9 / 5

Pour voir ma notation de la Scotch Ale Impériale

Crédit photo : Brasseurs Illimités

Brasserie de l’année 2016 : Auval

C’est difficile pour moi d’écrire sur Auval. Tout a déjà été dit, ou presque, sur cette brasserie, depuis un an. En bref, ancien brasseur principal chez Pit Caribou, Benoit Couillard, quitte la brasserie gaspésienne pour se partir son petit projet à lui-seul, pour faire les bières qu’il a envie de faire sans avoir à se casser la tête avec les défis d’une microbrasserie produisant à grande échelle. Il veut distribuer les bouteilles de sa toute petite brasserie (parmi les plus petites au Québec en termes de production) principalement dans le Bas-du-Fleuve, et s’il en reste, dans le reste du Québec.

Tournée #gaspesie #bière

A photo posted by martchouin (@martchouin) on

Le problème (si problème il y a), c’est que les bières créées par Auval sont de véritables chef-d’œuvres. Dès les premiers brassins que l’on retrouve dans la métropole, les amateurs tombent en amour avec les produits de la brasserie située à Val d’Espoir. On se les arrache littéralement, si bien que les détaillants d’à travers la province recevant des bouteilles doivent utiliser certaines stratégies (réduction des limites de bouteilles, annonce du temps où elles seront disponibles à la vente à l’avance) pour accommoder le plus possible les consommateurs.

Devant les attentes grandissantes pour Auval, cette dernière a su rendre la marchandise avec brio. Ce qui me fascine avec ces bières, c’est à quel point elles peuvent, d’une bière à l’autre, être éclectiques ou en respect d’un style, tout en étant fort agréables à boire. On peut diviser les offrandes d’Auval en trois grandes familles de styles :

Les houblonnées : Arcane 17, Nordet, Super A

Les styles classiques : Saison Espinay, Arrière-Pays Grisette, C-12 Pivo, Guerilla SSS

Les « funkys » : Framboese, Aronia, Saison Cerise, Braggot, Gougou, Ribes Nigrum

Chacun des styles est brassé avec une belle profondeur, et les bières deviennent à peu près toutes des classiques de leurs propres styles.

Prêt pour les fêtes. #Auval

A photo posted by Philippe St-Arnaud (@philthechief) on

Si le passé est garant du futur pour Auval, l’avenir est très prometteur pour la brasserie gaspésienne. En espérant que les produits puissent se rendre plus facilement dans les mains des amateurs dans un futur proche.

Crédit photo : Bières et Plaisir

La bière de l’année 2016 : Trou du Diable – X

Plusieurs centaines de nouveautés ont touché les tablettes des détaillants en 2016, et établir un classement de ce que j’ai préféré cette année a été non pas une tâche difficile, mais presque impossible. Voici donc, en toute humilité, mes bières préférées ayant été brassée pour la première fois en 2016.

La X

Pour commémorer son dixième anniversaire, la célèbre brasserie Shawiniganaise le Trou du Diable a lancé de manière flamboyante la X, un assemblage de trois brassins déjà spéciaux : la Buteuse Brassin Spécial, la Dulcis Succubus et le Hérisson. Le résultat est tout simplement magnifique. On retrouve dans cette bière toute la complexité que l’on pourrait s’attendre de trois différentes bières assemblées en une, avec des impressions de pommes provenant de la Buteuse, l’aspect vin blanc de la Dulcis Succubus, et l’acidité du Hérisson.

L’assemblage de la X est digne des meilleures bières que j’ai pu goûter de ma vie, littéralement. Étant déjà un grand fan de la Buteuse et de la Dulcis, le mélange des trois me prouve que la somme de trois bières peut être, à l’occasion, encore meilleur que lorsqu’elles sont prises individuellement. Seule tristesse, cette bière fût brassée de manière très limitée, et je doute qu’elle soit re-brassée à nouveau dans le futur.

4,5 / 5

Pour voir ma notation de la X

Mentions honorable

Auval – Nordet IPA

Un des premiers exemples de NEIPA réellement d’exception au Québec, cette IPA de la minuscule brasserie de Val D’Espoir en Gaspésie m’a réellement enchanté. Ultra tropicale, les agrumes fusent au nez et surtout en bouche, où cette bière devient littéralement un jus d’orange et d’autres fruits exotiques. Désormais classée 4e meilleure IPA sur RateBeer, la seul ombre à l’horizon de cette bière est que la Nordet est appelée à évoluer avec le temps étant donné l’approvisionnement difficile pour les brasseurs en houblons rares.

4,4 / 5

Pour voir ma notation de la Nordet

Les Trois Mousquetaires – IPA

Le premier brassin de cette nouvelle IPA des Trois Mousquetaires fut réellement ravissant et m’a surpris par sa qualité. Beaucoup plus équilibrée que la Nordet, on retrouve un côté plus amer et résineux que la Nordet, qui est qunat à elle plus fruitée et exotique. Cet équilibre assure à la IPA un spectre de saveurs plus grand, jonglant amertume et agrumes, rendant l’IPA tout aussi agréable que celle d’Auval. Il est toutefois à noter que mon opinion de la IPA a évolué au courant des brassins de cette dernière, avec certaines « batchs » un peu moins réussies que la première, à mon humble avis.

4,3 / 5

Pour voir ma notation de l’IPA

Auval – Guerilla SSS Triple Stout

Une deuxième apparition pour Auval dans ces mentions, avec la Guerilla SSS, un stout vieilli en fûts de spiritueux, avec du grué de cacao.  Cette bière fut définitivement toute une expérience, passant par toute la palette des sensations au goût. On retrouve à peu près tout ce qu’on pourrait retrouver d’un stout : alcoolisée, amère, chocolatée, torréfiée, cette bière est définitivement d’un grand calibre. Encore une fois, on ne peut qu’être déçu que la Brasserie Auval soit un tout petit projet, et qu’on ne puisse pas profiter d’une plus grande distribution de ces produits de classe mondiale.

4,2 / 5

Pour voir ma notation de la Guerilla SSS

Crédit photo : Trou du Diable

Auberge Sutton Broüerie – Recrue de l’année 2016

La première fois que l’on arrive devant la charmante brasserie et auberge de de l’Auberge Sutton Broüerie, on se demande si on fait face à un gros hôtel, une brasserie industrielle, ou à un restaurant 3 étages. La réalité, évidemment, est un peu dans le milieu, alors que le sympathique endroit situé dans l’ultra-touristique ville de Sutton propose les trois services à ses consommateurs. À une quinzaine de minutes en voiture de la Brasserie Dunham, l’instigateur du projet est justement un ancien employé de cette brasserie.

Une autre des particularités de l’Auberge Sutton Broüerie, c’est qu’elle brasse des bières en utilisant des levures à 100% brettanomyces. Ceux qui me lisent assidument savent que je peux être assez critique des bretts, questionnant souvent l’ajout peut-être abusif de levures sauvages, venant cacher le goût principal de la bière pour devenir, au final, une bière simplement brettée. Chez Sutton, la brett, certes, dans les bières que j’ai pu déguster, est présente, sans pour autant sacrifier la buvabilité du liquide, ou l’intégrité du style.

La brasserie, qui a récemment fêté sa première année d’existence a débuté l’hiver dernier à embouteiller ses produits et à les distribuer à travers la province. Voici quelques-uns de mes coups de cœurs de cette année.

Pale Ale Bobonom

Déjà l’objet de l’une de mes bières du dimanche, la Pale Ale Bobonom dès sa première itération fût l’une de mes bières préférées de l’année. Il y a trop peu de bonnes American Pale Ale au Québec, et malheureusement, c’est un style qui passe un peu inaperçu face aux IPAs et Double IPAs de ce monde. L’Auberge Sutton Broüerie ne se trompe pas en brassant une excellente pale ale fort équilibrée, rassemblant les saveurs d’agrumes et d’amertume à merveille.

Pour voir ma notation de la Pale Ale Bobonom

Session Abénakis

Une autre bière de la grande famille des Pale Ales, cette session fortement buvable étonne par son corps rond, trop rare pour des sessions à l’habitude au Québec, et sait nous ravir par ses saveurs d’agrumes bien fraîches. Définitivement une des meilleures sessions à être embouteillé au Québec, parfaite pour en boire quelques-unes d’affilée durant votre party de famille du temps des fêtes.

Pour voir ma notation de la session Abénakis

Assemblage du Vieux Chemin

Un trouve un autre visage de l’Auberge Sutton Broüerie avec cet assemblage de Saison Bee-Bop, de Pale Ale Bobonom vieillies en barriques de chêne, avant d’être re-mélangé par la suite avec de la Session Abénakis jeune, donnant un assemblage au final assez éclectique. Des bretts, un aspect boisé, une amertume, c’est réellement un bel assemblage apportant une complexité à des bières qui l’étaient déjà à la base.

Pour voir ma notation de l’Assemblage du Vieux Chemin

Pour l’ensemble de son œuvre, l’Auberge Sutton Broüerie est notre recrue de l’année 2016!

Pour en lire plus  sur l’Auberge Sutton Broüerie :

La bière du dimanche – Brune Alpine

Crédit photo : Quebec Original

L’année 2016 en revue

Une année assez faste en rebondissements se termine bientôt, et c’est le temps de faire le bilan. Plusieurs sujets ont été grandement discutés durant la dernière année et sont devenus, pour moi, les points à retenir de 2016. Globalement, difficile de ne pas trouver du positif dans cette année, alors que la scène brassicole québécoise continue de grandir. La qualité des bières brassés au Québec ne cesse d’impressionner, ici comme ailleurs, et la grande profondeur et originalité des brasseurs québécois nous offrent des grands classiques dans à peu près tous les styles imaginables. Et on aime beaucoup ça.

Microbrasserie 🍺 #archibald #ale #bieresduquebec #cheers

A photo posted by Michaël Vachon 💪🏼 (@m1ke_vch) on

Les rachats

Indiscutablement, la nouvelle ayant le plus fait réagir en 2016 concerne les rachats de microbrasseries par les géants de la bière. Une pratique déjà bien entamée aux États-Unis, Archibald fût la première brasserie québécoise rachetée par un géant, pendant que les Brasseurs de Montréal vendaient une participation dans la brasserie à Molson. M’ayant déjà exprimé sur le sujet, je crois que ce n’est que le début des rachats de brasseries indépendantes. Pour le meilleur et pour le pire. À noter également la décision de nos voisins de chez Beau’s d’ouvrir l’actionnariat de la compagnie à leurs propres employés.

Nouvelles brasseries

De nouveaux projets de brasseries ne cessent de naître un peu partout au Québec, au point où il faut se demander quand est-ce que chaque municipalité au Québec aura sa propre microbrasserie! Aux quatre coins du Québec, nous avons été témoins de nouvelles microbrasseries faisant leurs apparitions sur la scène, et les choses ne semblent pas dérougir pour l’année 2017, pour notre plus grand plaisir.

Les canettes

De plus en plus de brasseries semblent distribuer leurs produits en canettes plutôt qu’en bouteille, si bien que l’on retrouve de plus en plus de canettes sur les tablettes des dépanneurs. Le mouvement semble s’accélérer de plus en plus, si bien qu’on pourrait définitivement penser que dans un avenir à moyen terme, une majorité de bières de microbrasseries se vendent en canettes plutôt qu’en bouteille de verre. Le format pratique et facilement récupérable des canettes doit probablement jouer pour beaucoup dans cette transformation.

La guerre de l’espace sur les tablettes

Qui dit plus de brasseries, dit plus de bières. Pourtant, même si la consommation de bières artisanales augmente modérément, on voit de plus en plus de nouveaux produits sur les tablettes. Déjà, selon les dires de différents gérants en approvisionnement de différentes boutiques de bières spécialisés, l’espace manque pour pouvoir stocker toutes les bières de microbrasseries. La guerre s’annonce pour être de plus en plus féroce pour avoir de place dans les magasins avec le plus d’achalandage, et annonce peut-être une régionalisation du marché pour certains autres.

A photo posted by Fernandez (@chepiteno) on

Plus de formation?

De plus en plus de formation en brassage commence à être offerte dans le marché. MABRASSERIE offre sa propre formation en partenariat avec l’ÉTS, le Cégep de Jonquière offre un programme au niveau collégial, et l’Université de Sherbrooke se prépare à créer sa propre brasserie-école pour former de nouveaux étudiants aux joies (et peines) des brasseurs. On ne peut que se réjouir devant cette professionnalisation du métier de brasseur, pour avoir des standards de qualité de produits encore plus élevé dans le futur.

Crédit photo : Radio-Canada

La bière du dimanche : Vox Populi et Oshlag – Collabo #1

Un des aspects les plus agréables du monde brassicole est sans doute la solidarité entre les différentes brasseries qu’il y a au Québec. On sent réellement la franche camaraderie qu’il y a entre les brasseurs, et cette camaraderie se matérialise également par tout le monde des collaborations. Les collaborations, dans le marché de la bière, sont monnaie courante, mais malheureusement, la qualité de ces bières est parfois variable. Certaines profiteront de la meilleure expertise possible de deux brasseries, d’autres seront peut-être un peu plus brouillonnes… C’est une surprise à chaque fois!

Cette semaine, vous l’aurez deviné, on analyse une collaboration, fruit du partenariat entre Oshlag et Vox Populi. Toutes deux de jeunes brasseries (bien qu’Oshlag soit un nouveau projet émanant de l’équipe de Glutenberg, mais s’amusant cette fois-ci avec gluten) situées dans les mêmes locaux, loués chez Glutenberg, dans l’Est de Montréal. Les deux équipes ont combinées leurs forces pour sortir la Collabo #1, une bière acidulée brassée à partie de maïs bleu, d’orge et de blé.

La dégustation

Collabo #1 #oshlag #voxpopuli #craftbeer #quebec #microbrasserie #biere #beer #beertasting #instabeer #beertime note: 7,5/10 🍻

A photo posted by Keven Perrée (Craft Beer) (@lilperkbeers) on

La bouteille de la Collabo #1, qui arbore l’étiquette fort bien détaillée à la manière Oshlag, s’ouvre sur un liquide d’un rouge surprenant qui tourne presque au mauve, assez opaque rappelant un peu la couleur du vin, avec un beau collet de mousse bien carbonaté, cachant complètement l’effervescence. Au nez, une belle présence fruitée est sentie avec notamment du melon d’eau, rappelant la Melon Weiss de la Brasserie Dunham, ainsi qu’une présence houblonnée assez florale.

En bouche, les impressions de vin rouge restent, au goût et en également au niveau de la texture, avec un liquide qui est fort épais pour une bière. La Collabo #1 est un tout petit peu surette, apportant une surprenante buvabilité à cette collaboration, avec en plus une toute petite amertume en fin de bouche qui ravit les papilles, avec une présence fruitée rappelant les framboises qui s’impose au fur et à mesure que les gorgées passent.

La bière est honnêtement, fort, fort bien réalisée. Cette Collabo #1 est un grand succès et mérite définitivement que l’on parle plus d’elle. En espérant qu’elle soit de retour sur les tablettes prochainement.

4,1 / 5

Pour voir ma notation de la Collabo #1

Crédit photo : Oshlag

La NEIPA, mode ou futur standard de l’IPA?

Les IPAs du Nord-Est américain, ou NEIPA, ont franchement la cote ces jours-ci. La Nouvelle-Angleterre a réellement pris d’assaut le cœur des amateurs d’houblons mondiaux. On le remarque d’ailleurs dans le top 50 des meilleures IPAs de RateBeer, alors que le top 5 est littéralement occupé par 5 IPAs de la Nouvelle-Angleterre. Certains parlent déjà de révolution de la IPA, alors que d’autres sont un peu moins enchantés par cette tendance. Le présent article cherche à démontrer quels sont les caractéristiques de ce style d’IPA nouveau-genre.

Origines

Étant un style relativement nouveau dans la scène brassicole nord-américaine, la NEIPA n’a pas réellement d’origine définie. Plusieurs brasseries, pas uniquement groupée sur la côte-est des États-Unis, ont commencée à brasser des IPAs non-filtrées, avec une apparence plus trouble, brumeuse, opaque, différant du style plus traditionnel des IPAs, d’un blond plus clair et translucide. La NEIPA se distingue également par son profil de saveurs plus fruité que la moyenne, et moins amère que l’IPA traditionnelle. Bien qu’aucune micro ne s’attribue l’origine, des brasseries fort reconnues dans le nord-est des États-Unis, telles que Trillium et Tree House, toutes deux basées dans le Massachussetts, ont popularisés le style de la NEIPA.

Damn this beer.. how does @treehousebrewco do it?

A photo posted by The Craft Cult (@craft_cult) on

Différences au brassage

Bien que les brasseries soient traditionnellement assez discrètes à parler de leurs procédés de brassage, on réussi assez bien à démystifier ce qui diffère chez les NEIPA. En premier lieu, l’ajout de diverses céréales à l’étape de l’empâtage, telles que de l’avoine ou même de la farine, donnant à la bière son apparence trouble. Ensuite, le choix de la levure sera important, les brasseurs cherchant donner à leurs bières une apparence en suspension au sein du liquide. En allant chercher également des levures plus sucrées, les brasseurs réussiront à donner un aspect encore plus fruité aux houblons utilisés lors du brassage.

Et le Québec dans tout ça?

Peu d’exemples frappant de la NEIPA se retrouve sur nos tablettes de manière fréquente, mais déjà quelques bouteilles ont réussi à se frayer un chemin avec grand succès. L’exemple le plus probant demeure la Nordet IPA de la toujours excellente brasserie Auval, qui est parmi les meilleures IPAs au monde selon Ratebeer. La Cyclope Thêta brassée par Dunham à l’occasion du dernier « bottle release » de la brasserie est également un très bon exemple du style, brassée avec grande réussite.

Crédit Photo : Westworld

Les palettes de dégustation : trop, c’est comme pas assez?

Revenant d’une petite tournée d’une fin de semaine au Vermont dans le but de faire mon pèlerinage annuel dans les meilleurs endroits de ce magnifique État, tout en découvrant toujours des nouveaux lieux tout aussi enchanteurs que les précédents, je m’aperçois que le paysage des pubs, aux États-Unis comme ici, est grandement changeant.  La bière, les brasseries, et les broue-pubs sont grandement populaires, avec une clientèle variée, en sexe et en âge, qui est loin de se résumer aux beer geeks.

La bière artisanale a définitivement la cote, et c’est tant mieux ainsi. Évidemment, le succès des artisans des brasseries attire son lot de consommateurs qui veulent essayer les produits. Et qui dit essai de produits, dit dorénavant palette de dégustation. Beaucoup de brasseries en Amérique du Nord offrant la dégustation sur place offre des palettes de dégustations des bières, pour venir en aide aux éternels indécis qui ne savent pas quoi choisir au menu.

La palette de dégustation a un but noble : dans un univers où il y a de plus en plus de styles différents et où l’éclectisme devient la norme, il devient de plus en plus difficile pour le consommateur régulier d’avoir des repères. Il se replie donc vers la solution la moins risquée : essayer une grande quantité de produits, plutôt que de prendre la chance de vraiment essayer (et potentiellement ne pas aimer) un ou quelques produits.

Cette propension à vouloir tout essayer d’un brasseur se conjugue en ces temps d’hyper-connectivité à un autre phénomène, celui d’Untappd. Avec ses millions d’utilisateurs (ajoutez-moi parmi vos amis!), les gens veulent le plus possible afficher à leur réseau quelles bières ont-ils goûté, à quel endroit, et quel est leur opinion du produit. Il n’y a aucun mal à ça. Mais dans notre recherche de nouvelles bières et de coup de cœur, on oublie parfois que la bière au final, c’est juste de la bière. Dans l’indécision, dans les dizaines, et parfois plus, de choix qu’offrent les pubs et brasseries, tout ce qu’on devrait rechercher, c’est peut-être, tout simplement un bon moment.

L’abondance de choix, dans le monde brassicole comme ailleurs, a ses limites. Ne traitez pas votre prochaine pinte comme si c’était votre dernière, et essayez simplement d’apprécier la chance que l’on a aujourd’hui d’avoir des bières de qualité extraordinaire à portée de main. Tous les pubs de la terre s’en porteront sans doute fort mieux. Et ça ne prendra pas quinze minutes à votre serveur pour remplir votre maudite palette de 8 dégustations !

La bière du dimanche : Benelux – Sabotage

Sans doute très inspiré par l’ami La tête dans le fût, c’est à mon tour de parler du Benelux. Je l’ai déjà exprimé sur les pages de ce site, j’aime beaucoup la brasserie, selon moi l’une des plus sous-estimées au Québec. Il est probable que le choix de la brasserie de n’embouteiller que des brassins sporadiques de bières plus rares contribue au fait qu’elle ne reçoit pas autant d’attention qu’elle le mériterait dans la province. Sans doute font-ils ce choix pour qu’on aille plus souvent déguster leur bières sur place. Bon plan, parce que l’ambiance aux deux bars (rue Sherbrooke et Wellington) est probablement l’une des plus agréables que je connaisse dans la province.

Trêve de compliments pour parler de la bière du jour, l’une de leurs classiques, la Sabotage, une IPA à l’américaine. Largement reconnue comme l’une des meilleures IPAs brassées au Québec par les amateurs, on peut certainement se demander si elle aurait pu faire la renommée de la brasserie si elle avait été produite et distribuée aux quatre coins du Québec.

La dégustation

Beerz #verdunluv #brewery

A photo posted by Rachelle Hamilton (@superbeautifulmonster) on

La pinte de Sabotage qui m’est servie au très beau pub du Benelux rue Wellington à Verdun offre une robe blonde, avec une belle effervescence et une grosse carbonatation. Au niveau des arômes, on sent le puissant nez d’houblons rappelant un tout petit peu la senteur du savon, comme certaines IPAs nous provenant du Midwest américain.

En bouche, le sentiment est tout autre, alors que la Sabotage est tout en agrumes, avec notamment des impressions de citron, des ananas et même la mangue viennent tout de suite prendre d’assaut nos papilles. Pour une IPA, l’amertume est réduite au minimum, donnant tout de suite un côté beaucoup plus du nord-est des États-Unis à cette bière. Le corps est très rond, sucré et fruité, ce qui donne une bière fort facile à boire, même à 7% d’alcool. C’est fort tentant d’en prendre plus qu’une à la suite de l’autre.

3,8 / 5

Pour voir ma notation de la Sabotage

Crédit photo : Benelux

Qu’est-ce qu’on boit en automne?

Qu’est-ce qu’une bonne bière d’automne?

Le temps est gris, il pleut beaucoup, les feuilles oranges et rouges tombent en quantités industrielles dans la rue : c’est officiellement l’automne. Si l’automne n’est pas particulièrement une période heureuse pour la population en général qui doit faire ses adieux aux chaleurs et aux terrasses, les amateurs de bières peuvent se consoler en pouvant dire au revoir aux bières légères fraîches pour dire re-bonjour à des styles différents.

Bien que l’automne brassicole nord-américain est principalement reconnu pour ses bières aux citrouilles qui sont fréquemment des succès au niveau des ventes, peu de styles sont réellement associés à cette saison. C’est comme si on passait de la légèreté d’une blonde faible en alcool et acidulée aux porters robustes et autres stouts impériaux! Cette chronique vise donc à présenter 3 bières qui feront, à mon humble avis, une très bonne transition entre les 30 degrés de l’été et les tuques et mitaines de l’hiver.

Les Trois Mousquetaires – Oktoberfest

Tirée de la plus pure tradition des märzens allemandes qui font la renommée d’un des plus grands festival de bière au monde, l’Oktoberfest des Trois Mousquetaires est habituellement distribuée en septembre, et annonce définitivement le changement de saison qui arrive. D’une belle rondeur, cette bière ambrée, très équilibrée, aux saveurs sucrées et caramélisées vient enchanter n’importe quel amateur de bières de style allemand.

Voir mes notes de dégustation

Loup Rouge – MacKroken Flower

Le retour d’une légende. THE ORIGINAL!!! #mackrokenflower #louprouge #baltjoliette #scotchale #10%

A photo posted by Le Balthazar Joliette (@baltjoliette) on

D’ordinaire plus associées à l’hiver, les scotch ales pour moi représentent une belle transition entre les bières légères d’été et les bières plus lourdes prisées à l’hiver. Malgré ses 10% d’alcool, cette bière brune est uniquement lourde et d’une facilité à boire dangereuse pour n’importe quel dégustateur téméraire. Son côté sucré et floral en bouche lui permet de se démarquer de la scotch ale standard.

Voir mes notes de dégustation

Auberge Sutton Brouerie – Brune Alpine

J’en ai déjà parlé dans une ancienne chronique, mais je me dois d’en reparler étant donné qu’elle vient d’être redistribuée, à tout le moins dans la grande région montréalaise. La Brune Alpine est une excellente bière brune, ultra crémeuse, avec une certaine amertume herbacée, qui vient définitivement chercher le côté plutôt automnal chez moi.

Voir mes notes de dégustation

Et vous, quelles sont vos bières favorites d’automne?