La bière du dimanche : Dieu du Ciel! – Rigor Mortis Abt

Quoi de mieux, par une journée froide d’hiver, que de redécouvrir un classique indémodable, réchauffant, de la meilleure brasserie au Canada? C’est ce que je vous propose aujourd’hui, en critiquant la Rigor Mortis Abt, une quadrupel de 10,5% d’alcool, dans la série momentum de la brasserie, sortant au mois de janvier. La description de la Rigor Mortis la présente comme une ale brune brassée sous l’inspiration des moines belges brassant la bière depuis des décennies.

La quadrupel, initialement, s’inspire des traditions trappistes belges pour brasser une bière de couleur brune forte en alcool (plus de 10%), très peu amère, ou le goût des malts ou de la levure belge prend le dessus. Les québécois ont la chance de pouvoir essayer plusieurs quadrupel de qualité international, avec notamment la Terrible et la Trois-Pistoles d’Unibroue, et cette Rigor Mortis, toutes classées parmi le top 14 de Ratebeer.

This was the most festive part of this year’s Halloween – for me. #sanctuarypub #rigormortisabt

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La critique

Couleur : La Rigor Mortis n’est pas la bière la plus foncée que j’ai vue du style, tournant un peu sur le brun rougeâtre, avec une petite carbonation.

Arômes : Bien que les quadrupels ne soient pas les bières les plus aromatiques qui existent, celle-ci m’étonne par le peu d’arômes qui se dégage du liquide. Difficilement, on peut percevoir la levure belge, une odeur d’alcool normale pour une bière qui titre à plus de 10% et un peu les fruits secs.

Goût : Une belle profondeur fortement agréable en bouche. Plusieurs goût divers sont perceptibles, tel qu’un petit côté boisé, les dattes, le caramel, l’alcool des 10%, la levure belge, et probablement d’autres parmi ces dernières.

Appréciation : Une excellente bière. Probablement un peu parce que je suis très partial à ce style que j’adore, mais j’en prendrais à chaque dégustation. Même si elle est forte en alcool, elle se boit excessivement bien, voir un peu trop bien. J’aurai bien aimé voir sa version vieillie en fûts de brandy, pour comparer la complexité de cette belle réussite.

4/5

Voir ma notation sur Ratebeer

Crédit photo : Dieu du Ciel!

Tour d’horizon brassicole – 25 février 2016

Livre des recettes de Brewdog

La brasserie écossaise Brewdog, qui s’est fait connaître notamment pour sa Punk IPA et son idéologie plutôt anticapitaliste, fait un autre coup d’éclat cette semaine alors qu’elle publie un livre gratuit de plus de 200 de ses recettes, afin que les brasseurs à la maison puissent recréer certaines des recettes qui ont rendu la brasserie célèbre. De plus en plus de microbrasseries ouvrent leurs livres et permettent aux amateurs de voir avec quels ingrédients sont préparées leurs bières préférées. Parions que cette décision fera boule de neige chez plusieurs autres brasseries.

Pour consulter les recettes

83 des meilleures Pale Ales aux États-Unis testées à l’aveugle

Le magazine Paste, en train de se faire un nom aux États-Unis pour faire des tests à l’aveugle des meilleures IPA, Double IPA et Barleywine brassée au pays, récidive cette fois-ci avec les Pale Ales. Les résultats de ces divers tests nous révèlent des choses étonnantes, comme sur la suprématie de la Maine Beer Co. sur les Pale Ales avec deux des sept meilleures du décompte. Autre chose étonnante, la Zombie Dust, considérée de loin comme la meilleure American Pale Ale selon Ratebeer, hors du top 20! Comme quoi, parfois, le hype change peut-être nos façons de déguster!

Pour découvrir le classement

10 villes prêtes à devenir des destinations bières de choix

Le magazine Thrillist a investiguer la scène brassicole pour voir quelles étaient les destinations non traditionnelles les plus en voie de croissance du côté brassicole. Parmi celles qui viennent en tête, on retrouve une canadienne, Toronto, et les autres sont américaines. Toronto est de plus en plus en demande notamment pour sa brasserie Bellwoods, qui est vantée pour la qualité de ses bières et leur présentation léchée.

Les 10 villes en vogue selon Thrillist

Infographie : les agencements bières-mets simplifiés

Pour les plus gourmands, la bière n’est pas seulement qu’un breuvage, mais aussi un très bon complément à un repas. Toutefois, savoir quel type de bière s’agence à merveille avec quel type de repas n’est pas une mince affaire. Afin de simplifier le tout, ce petit graphique utile nous servira afin de savoir quoi déboucher avec certains types d’aliments.

Pour consulter le graphique

La Cuvée 2016 – Guide pour le néophyte

La Cuvée, événement brassicole hivernal par excellence à Montréal, est, à notre grand plaisir, de retour pour une quatrième année. Du 25 au 27 février 2016, plus de 70 bières d’une panoplie de différents brasseurs du Québec seront disponibles sur place pour dégustation. Voici mes suggestions de bières à ne pas manquer pour cette 4e édition.

« Exclusivités »

Tsé!

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Aronia – bière sûre – Auval

Déjà disponible depuis près d’un mois dans certains bars, la toujours-en-demande brasserie Auval risque encore de faire un tabac avec sa nouvelle bière sûre, l’Aronia, une bière qui est affinée en fût de chêne.

SuperMoine #4 Musje – Session belge – Dunham

Dunham expérimente avec leur série SuperMoine dans les styles belges, la SuperMoine #3 étant l’une de mes préférées de 2015. La quatrième du nom est dans un registre tout à fait différent alors que les brasseurs essaient la session. On a très hâte d’y goûter.

Triple à Jack – Triple belge vieillie – Charlevoix

La très célèbre Dominus Vobiscum Triple vieillie en fûts de Jack Daniels, habituellement uniquement disponible à la brasserie à Baie-St-Paul, sera du lot cette année. Définitivement à essayer au moins une fois dans une vie!

Suricat Pomelo – Berliner Weisse – Noctem Artisans Brasseurs

Noctem est un petit nouveau dans le paysage brassicole de la vieille capitale, et ses débuts sont, selon les critiques, très prometteurs. C’est à ma connaissance la première fois qu’ils seront dans la métropole et ils présentent une bière sûre aux agrumes qui plaira sans doute aux amateurs du style. Peut-on se souhaiter d’apparitions plus fréquentes de Noctem dans la métropole? Parions qu’avec un bon intérêts des consommateurs, tout peut se produire!

Raison Merveilleuse – IPA belge Session – Siboire

Véritable institution sherbrookoise, le Siboire s’exporte que très rarement des beaux paysages estriens, au grand malheur de votre hôte. La Raison Merveilleuse, Plutôt nouvelle dans la rotation des brasseurs du Siboire, a reçu quelques éloges me mettant l’eau à la bouche!

« Classiques à réessayer »

Pas besoin d’en dire plus! #troismousquetaires #beerporn #beermtl #biereduquebec #boirelocal #biere #beerstagram

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Armada Spéciale – Ale Brune – Bénélux

Le Bénélux est selon moi l’une, sinon la brasserie la plus criminellement sous-estimée de la part des amateurs de bières montréalais. L’Armada Spéciale, un assemblage de l’Armada et de la Grande Armada Réserve, saura clairement plaire aux amateurs de bières brunes fortes.

Porter Baltique Édition Spéciale 2015 – Porter – Les Trois Mousquetaires

Que reste-t-il à dire sur la Porter Baltique qui n’a pas déjà été dit? Largement considérée comme l’un des meilleurs porters au monde, faites-vous une faveur si vous ne l’avez jamais essayée, ou refaites-vous une faveur en l’essayant une nouvelle fois.

Myrcène de glace (Brassin spécial) – Ale à la mangue – Glutenberg

Si ma critique de la Myrcène ne vous avait pas encore convaincu d’en acheter une en bouteille, vous aurez la chance de l’essayé sur place! Croyez-moi, ça vaut la peine.

Dumduminator Cognac – Dunkelweizenbock vieillie – Brasseurs du Temps

La Dumduminator est bien connue, sa version vieillie en fût de cognac un peu moins. C’est dommage, parce que j’ai bien aimée, peut-être encore plus que sa version originale, qui est déjà très appréciée des amateurs.

Pêché Mortel Bourbon 2015 – Stout vieillie – Dieu du Ciel

Pour tous ceux et celle qui était au bottle release de Dieu du Ciel et qui ont manqué l’opportunité d’acheter la Pêché Mortel Bourbon 2015, ce sera l’occasion de vous reprendre et d’essayer ce classique indémodable.

Mentions honorables

#beer #8ejour #biere #cestbonca #biere #qc #charlevoix

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8e Jour – Triple – Charlevoix

Une triple brassée avec des levures de Champagne, ça suffit pour mettre l’eau à la bouche de plusieurs. Distribuée de manière ponctuelle sur l’île, elle est très appréciée par les amateurs de triple belge.

Zoiseau ascendant bizarre – Bière sure – Microbrasserie du Lac St-Jean

Avec sa série du Zodiac du Lac, les jeannois nous offrent tout au long de l’année plusieurs bières hétéroclites. Bien hâte de découvrir cette dernière.

Choco-Bleuet – Porter – Riverbend/Dieu du Ciel

On reste du côté du Lac St-Jean, à Alma cette fois-ci, pour essayer un porter de cette tout nouvelle microbrasserie qui n’a pas un an d’existence. Preuve de son potentiel, elle nous offre à l’occasion de la Cuvée une collaboration avec Dieu du Ciel, rien de moins, et nous ne donne un classique local en nous faisant une bière aux bleuets!

55,1 – Porter sûr – Harricana

Harricana a certainement le mérite de nous faire sourciller en lisant la description de sa 55.1, un porter sur. Ajoutez à cela un vieillissement en barils de Tequila avec de la goyave et vous avez un cocktail assez retentissant de saveur!  La brasserie fait des débuts retentissants à Montréal et on devra lui rendre visite très bientôt.

APA Bonobom – Sutton

Sutton Brouerie vient tout juste de débuter le brassage, et on a déjà hâte de voir ce qui va sortir de chez eux! Leur APA, si elle ressemble un tout petit peu à la Pale Ale Américaine de Dunham, d’où le chef-brasseur de la brouerie a fait ses armes, nous satisfera sans aucun doute.

Pour acheter ses billets pour l’événement, c’est par ici!

Crédits photo : Cult Montréal

De la fraîcheur d’une IPA

La fraîcheur d’une India Pale Ale (IPA) fait sans aucun doute partie des sujets les plus sensibles à discuter avec un amateur de bière.  Pour la grande majorité des enthousiastes de la bière artisanale, une IPA fraîche est synonyme de plus d’arômes, plus de goût, et est donc de meilleure qualité. On voit régulièrement des internautes, sur les différents forums de discussion de bières, spéculer sur le moment exact de la date de péremption d’une IPA, et jusqu’à quand est-il adéquat d’acheter une bière qui est restée sur les tablettes d’un commerce, pour avoir une expérience de consommation optimale.

Tout pour la fraîcheur

Stone Brewing, basée en Californie, est certainement la brasserie ayant le plus poussé sur cette notion de l’importance primordiale de fraîcheur des IPA, en ayant produit sa gamme des Enjoy By, comprenant une IPA et une Black IPA, où il est écrit en gros caractères au-devant de la bouteille la date de péremption de cette dernière, 35 jours après avoir été embouteillée. Avec cette gamme, Stone affirme donc qu’il y a une baisse de qualité assez significative pour qu’elle soit retirée des tablettes ou, à tout le moins, qu’elle soit snobée par les consommateurs, une fois la « date de péremption » atteinte.

@StoneBrewingCo #EnjoyBy 02-14-16 UNFILTERED IPA #nofilter #enjoybyunfiltered #stone #stoneenjoyby #stonebrewing #kingsliquor

Une photo publiée par Kings Liquor& Craft Beer Store (@kingsliquor) le

Le même son de cloche provient également de brasseries québécoises. En entrevue avec Beerism, le chef brasseur des Trois Mousquetaires explique que la principale raison pourquoi la brasserie n’a pas d’IPA régulière sur les tablettes est essentiellement pour des considérations de fraîcheur. Cela explique pourquoi ces derniers font un événement unique de distribution (« Bottle release ») de leur Double IPA, depuis trois ans, habituellement à la fin de l’été, ou ils vendent la totalité de leurs bouteilles directement à la brasserie. Cela pourrait également probablement expliquer pourquoi leur toute nouvelle IPA, l’IPA Australe, n’a été distribuée qu’en fût pour différents bars et broue-pubs de la région. Ainsi, en contrôlant la distribution et en minimisant à une seule journée la vente du produit, ces derniers s’assurent d’une fraîcheur maximale pour le consommateur.

Wow ! Ça va être solide ça 😉 #LTM #Headytopper #bondansyeule #mercijésus #mercihugo

Une photo publiée par Bruno Mallette (@brubru8787) le

Comme on l’a précédemment mentionné, on peut légitimement croire que plus une IPA est fraîche, plus le profil de saveurs et d’arômes désirés par le brasseur sera intact. Peut-on, toutefois, statuer sur une date d’expiration? Pas réellement. Selon la littérature, la première victime d’un vieillissement de la bière serait son arôme. Ainsi, les bières ayant fait l’objet d’un « dry-hop », méthode d’houblonnement qui va donner beaucoup d’arôme à la bière, devraient être celles qui ont le plus à perdre dans un vieillissement.

Les distributeurs au centre de l’enjeu

De plus, la réfrigération semble être également un aspect important de la fraîcheur d’une IPA. Le froid d’un frigo viendra, en quelque sorte, freiner le développement aromatique du breuvage et retiendrait, pour une certaine période de temps, son arôme. Les auteurs du site internet des Coureurs des Boires sont également des grands partisans de cet état de fait et implore les détaillants québécois à garder leur IPA dans les espaces réfrigérés.

Discovering beer paradise.

Une photo publiée par @dominiquec.b le

Finalement, ce n’est pas parce qu’une IPA n’est plus fraîche qu’elle est pour autant périmée. Certes, son profil sera sans doute moins houblonné et plus malté, sirupeux. On y goûtera peut-être un peu moins le houblon et l’amertume, pour faire place à un aspect un peu plus caramélisé. Est-ce une mauvaise chose? Pour la plupart des hopheads, probablement. Pour l’amateur moyen de bières qui aime tester son palet, pas nécessairement. Au final, peu d’experts s’avancent sur une date butoir de vieillissement d’une IPA. Certains parlent de 3 mois, d’autres plus, d’autres moins. La question de sa réfrigération est également encore ouverte. Pourquoi ne pas comparer une bouteille fraîche et une autre un peu moins fraîche, afin de voir par vous-même si la différence est notoire? À suivre…

La bière du dimanche – La Memphré/Loup Rouge – Mi-figue mi-raisin

La Mi-figue mi-raisin est la dernière offrande offerte par la Microbrasserie La Memphré, en collaboration avec Loup Rouge. Il s’agit d’une Belgian Dark Strong Ale, un style qui a certainement beaucoup d’historique dans le monde, avec le grand nombre de brasseries belges s’étant exportées tout autour de la planète. Il est indéniable que la culture des bières de traditions belges ont grandement influencé les brasseries québécois, ne pensons uniquement qu’à Unibroue ou Charlevoix.

La Memphré est une brasserie magogoise qui était jusqu’à récemment relativement anonyme dans le paysage québécois depuis sa création en 1999. L’arrivée du nouveau brasseur David Plasse en 2013 a permis à la brasserie de redorer son blason, et 2015 a définitivement été une grosse année pour ces derniers, avec notamment l’embouteillage de leur Ralph Merry 2015 et un tap takeover très couru au Brouhaha d’Ahuntsic en décembre dernier. En janvier 2016, nous avons pu voir l’arrivée chez les détaillants québécois de la Mi-figue mi-raisin, cette brune forte de style belge vieillie en barriques de vin rouge, avec la promesse de voir de plus en plus de produits magogois sur les tablettes de manière ponctuelle.

Critique

Couleur : La Mi-figue mi-raisin est d’une couleur brune rougeâtre, la couleur plus rouge étant sûrement le résultat du vieillissement de la bière dans les barriques de vin rouge. La bière présente très peu d’effervescence.

Arômes : Plusieurs arômes nous viennent au nez,  dont les raisins rouges, les fruits confis et une petite touche sucrée nous rappelant le sucre d’orge.

Goût : En bouche c’est assez surprenant, alors que l’on goûte beaucoup l’aspect vinaigré du vin rouge, ce qui contraste beaucoup de l’idée que l’on peut avoir des bières brunes belges. On goûte toutefois également en fin de bouche aux levures belges.

Appréciation : Étant un grand amateur des bières brunes belges, j’avais certaines attentes devant la Mi-figue mi-raisin. L’aspect vineux prenant une très (trop?) grande place dans le goût final de la bière vient un peu me décevoir. J’aurais vraiment aimé pouvoir goûter à la version non-vieillie en barriques, question de pouvoir goûter un peu plus l’aspect classique belge plus sucré du style. Il s’agit quand même d’une bière très bien brassée qui s’éloigne des sentiers battus.

3,6 / 5

Pour voir ma notation de la Mi-figue mi-raisin.

Tour d’horizon brassicole – 11 février 2016

Alvinne – un nouveau gros joueur de la bière belge?

La Belgique brassicole n’est pas nécessairement reconnue pour ses nouvelles brasseries. Les Cantillon, 3 Fonteinen et autres abbayes de ce monde ne sont pas exactement des nouveaux joueurs. L’excellent blogue La Tête dans le Fût nous fait état d’une nouvelle brasserie, la brasserie Alvinne, qui parvient à tirer son épingle du jeu dans un pays aux traditions bien ancrées. La particularité de la brasserie : sa levure unique, qui permet le brassage d’ales traditionnelles, ainsi que des bières sûres, à fort taux d’alcool.

Neuf place pour boire de la lager tchèque à Prague

Les lagers tchèques traditionnelles sont considérées comme parmi les meilleures au monde. Pour un ensemble de raison, le style n’est pas aussi recherché par les amateurs nord-américains que pourraient l’être les bières belges. Ce guide pratique vous donne les meilleures adresses pour se procurer les bières locales de Prague.

Entrevue avec l’homme derrière Mikkeller

Mikkeller est sans aucun doute l’une des marques les plus connues du monde brassicole européen. On la connaît pour ses bières, ses bars, ses festivals, etc. Mikkel Borg Bjergsø, fondateur de Mikkeller, est reconnu pour être l’un des créateurs de bières des plus prolifiques qu’il soit. Il est intéressant de noter que bien qu’il existe des centaines de différentes bières à l’effigie de Mikkeller, aucune n’est brassée par Bjergsø, qui se contente de créer les recettes, avant de sous-traiter la production à d’autres brasseurs.

Pliny the Younger est de retour

L’une des bières les plus recherchées des amateurs californiens, Pliny the Younger est en vente une seule fois par année, au début de février. La sœur de Pliny the Elder, de la brasserie Russian River à Santa Rosa en Californie, Pliny the Younger est considérée comme la première Triple IPA créée dans le marché nord-américain. La bière est grandement recherchée pour son haut taux de buvabilité, malgré une forte amertume qui est contrebalancée par une grande présence d’alcool (au-dessus de 10%).

Pourquoi est-il si difficile de créer une microbrasserie au Mexique

Jordan Gardenhire est un américain du Colorado qui s’est installé il y a une décennie au Mexique. Il y a fondé sa propre microbrasserie, Baja Brewing Company. La scène brassicole au Mexique y est plutôt pauvre alors qu’en 2007, on retrouvait seulement une douzaine de brasseries en opération dans tout le pays. Le pays exige un grand nombre de permis et les taxes pour opérer sont excessives, en comparaison avec celles que payent les grandes brasseries implantées au Mexique depuis plus longtemps. Il nous explique également que les bars et grands distributeurs ont des contrats avec ces mêmes brasseries que les petits acteurs ne peuvent se permettre de les égaler, considérant le faible volume de production de bière de ces dernières. En bref, ça nous rappelle une certaine situation plus près de nous…

Santé!

La rareté comme outil marketing des brasseries

Qu’on se promène à l’épicerie ou que l’on passe au dépanneur en coup de vent, la bière est toujours là, tranquille dans son coin. Les néophytes qui commencent à s’intéresser au phénomène des microbrasseries sont souvent étonnés de voir de longues files s’agglutiner au-devant des portes de bars et de brasseries lors d’événements spéciaux. Après tout, un nombre toujours grandissant de magasins vendent des bières de microbrasseries. Quelle bière peut être si unique que des amateurs acceptent d’attendre des heures pour elle?

Des exemples d’ici

Au Québec, dans les dernières années, quelques bières difficilement trouvables ont eu leur lot de succès auprès des consommateurs, devenant des phénomènes viraux sur les groupes de discussion à chacune de leurs sorties. Je pense notamment à la Solstice d’été de Dieu du Ciel chaque début juin, ou la Lollipop de Pit Caribou et la Super A d’Auval cette année (ou tout simplement tout ce qui sort de la nouvelle brasserie Auval en général). Toute des bières d’une excellente qualité très bien reçues par les consommateurs. Leurs seuls problèmes? Elles sont produites en quantité minime!

dog days of summer.

Une photo publiée par David Perez (@odetovine) le

À chaque fois que ces bières sont produites, les consommateurs se ruent vers les détaillants pour en acheter avant que la manne passe. Cette situation crée une pression à la fois chez les autres consommateurs, qui veulent essayer le produit eux aussi, mais également chez les détaillants, qui veulent évidemment satisfaire l’ensemble de leur clientèle en ayant le produit le plus longtemps possible sur les tablettes.

Les passionnés reprochent de plus en plus aux microbrasseries de jouer sur la corde sensible de leur FOMO, ou Fear of Missing Out. Les amateurs veulent se procurer les produits exclusifs des bonnes brasseries, parce qu’ils savent qu’ils sont produits en petite quantité et que s’ils ne peuvent pas s’en procurer au moment où ça sort, ça risque d’être difficile de s’en procurer à nouveau. Ce sentiment rend le produit encore plus exclusif, car les consommateurs toujours plus nombreux de bière artisanale veulent tous la même chose : les produits rares, spéciaux, sortant de l’ordinaire. Ne pas pouvoir être certain de trouver la bouteille une fois rendu au détaillant en rend plusieurs anxieux.

#auval #beer #craftbeer #craftbrew #beerporn #beertography

Une photo publiée par Marc Boudreau (@markandmart) le

Des solutions?

La solution paraît pourtant simple : pourquoi les brasseries ne peuvent pas simplement augmenter la production du produit? Pour une variété de raisons. Certaines microbrasseries, comme Auval, veulent simplement garder la production de sa brasserie modeste. D’autres, comme les Trois Mousquetaires, limitent leurs produits prisés pour une question de fraîcheur. On est cependant en droit de croire que l’effet de rareté créée par la petite production des micros n’est pas pour déplaire aux représentants commerciaux de ces dernières. La question se pose : est-ce que les consommateurs achèteraient autant, au final, de Lollipop, si cette dernière était produite à l’année et facilement trouvable? À mon humble avis, probablement pas.

Est-ce que cet effet de rareté affecte notre perception de la bière elle-même? Certains pensent que oui. C’est normal qu’après avoir fait beaucoup d’efforts pour parvenir à trouver et acheter la bière désirée que l’amateur de bière sera plus enclin à vouloir l’aimer, plutôt que d’être critique de cette dernière. Cependant, les attentes des consommateurs sont de plus en plus élevées, et cette situation peut clairement être une source de stress pour les brasseurs.

Les amateurs de bières, m’incluant dans le lot, devront donc prendre, à court et moyen terme, leur mal en patience. Mon exercice de la semaine pour contrer cette anxiété : aller dams magasin de bières et en acheter une bien connue, régulière, et simplement l’apprécier pour son goût, plutôt que pour son exclusivité. On se console comme on peut, en se disant que cette année, Dieu du Ciel a annoncé que la Solstice d’été serait distribuée pendant 4 mois, de mai à août. C’est un début!

La bière du dimanche : Glutenberg – Myrcène de Glace

À mon humble avis, une des brasseries québécoises les plus sous-évalués dans le marché actuel est Glutenberg. Alors que la gamme régulière n’a rien à envier aux autres produits comparables du genre, la brasserie a parfois un problème d’image chez les consommateurs occasionnels qui ne sont, peut-être, pas vraiment attirés par les produits de remplacements fait principalement pour les céliaques en cuisine. Or, bien au contraire, Glutenberg est bien plus qu’une brasserie faisant des produits de substitution!

Voulant se donner une corde de plus à son arc, Glutenberg s’est associé avec le sommelier de renom Francois Chartier, pour créer des recettes de bières sortant de l’ordinaire. La Myrcène de glace est sans aucun doute la bière sortant de cette collaboration qui est la plus recherchée chez les amateurs, et elle est en vente chez les détaillants depuis peu.

Critique

Couleur : D’un ton orangé, la Myrcène présente une effervescence modérée.

Arômes : Au nez, on sent tout de suite un mélange entre les houblons et fruits exotiques. On sent grandement la mangue, tout comme un mélange d’arômes houblonnés d’ananas et de pamplemousses.

Goût : Nous sommes dans les contrastes au goût. On reconnait en premier lieu les fruits exotiques, tels que la mangue avec laquelle la bière a été brassée, puis le litchi. La finale est par contre beaucoup plus surprenante, alors qu’on tombe dans le beaucoup plus sec, avec un goût rappelant le vin blanc.  Le contraste entre l’explosion de fruit et la finale sèche et vineuse donne une grande profondeur à chaque gorgée.

Appréciation : La création est réellement unique dans le paysage brassicole québécois. À ma connaissance, peu ou pas de bières au Québec sont brassées avec la mangue, si ce n’est de la Solstice d’été qui n’est pas embouteillée. Pourtant son côté juteux pourrait apporter un beau complément à certains houblons. La finale sèche donne également un côté unique à la bière, qui n’est pas seulement une « petite bière fruitée ». Les 10% d’alcools ne se remarquent pas du tout. Cependant, la question doit se poser, pourquoi une bière aussi fruitée et facile à boire ne se retrouve pas sur les tablettes en été, plutôt qu’en janvier?  J’ai l’impression qu’elle ferait fureur sur les terrasses et patios du Québec et d’ailleurs… Belle réussite.

Suggestion pour les beer-geeks : Pourquoi ne pas essayer un blend 50% Myrcène de glace et 50% Saison froide? Pas game. 

3,9 / 5

Pour voir ma notation de la Myrcène de Glace

Tour d’horizon brassicole – 4 février 2016

La guerre de la distribution des bières américaines

Les diverses associations représentant les brasseries artisanales aux États-Unis redoutent les capacités de distribution des grandes compagnies de bières. Depuis 2012, AB InBev a acheté une douzaine de compagnies de distribution, afin de s’assurer d’avoir ses produits sur les tablettes dans les meilleures conditions possibles, ce qui se fait au détriment des microbrasseries, qui doivent se contenter de ce qui reste. Cette méthode va à l’encontre de ce que les Américains appellent le « three tier system », datant de l’époque de la prohibition, où les producteurs, distributeurs, et commerçants doivent tous être séparés. Les groupes d’intérêts représentant les microbrasseries et les distributeurs indépendants veulent se faire entendre.

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6 des meilleures exclusivités sortant en 2016

Bien que les bottle releases aient leur part de difficultés, c’est toujours bon de savoir quelles seront les prochaines bières qui sortiront cette année. Une des plus intéressantes pour les Québécois suivant un peu ce qui se brasse chez les voisins est la Focal Banger, cette IPA brassée chez The Alchemist, la même brasserie vermontoise brassant la populaire Heady Topper.

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Cérémonie RateBeer

La fin de semaine dernière, le populaire site web Rate Beer sortait son palmarès des meilleures bières et brasseries au monde. Du côté des brasseries, Hill Farmstead, du Vermont, est arrivée bonne première, coiffant la Californienne Ale Smith, et la Belge 3 Fonteinen. Du côté des meilleures bières, On retrouve également grandement Hill Farmstead et une autre californienne, Russian River, qui ont chacune quelques bières dans le top 100.

Pour consulter le palmarès

Au menu d‘Hill Farmstead

En entrevue avec le magazine Draft en marge de la cérémonie de Ratebeer, le brasseur et propriétaire de Hill Farmstead Shaun Hill offre plusieurs réflexions sur la véritable explosion qu’a connue sa brasserie depuis qu’elle a ouvert en 2010. Au menu cette année pour Hill Farmstead : plus de collaborations, plus de bières vieillies en fût de chêne, et plus de brassins de petite envergure, brassée uniquement pour la consommation sur place.

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C’est la vie 😊

Une photo publiée par Cody L (@codyrl) le

Tendances 2016 du monde de la bière

Plusieurs analystes essaient de décrypter les tendances à venir du monde de la bière, et parmi celles-ci, on retrouve notamment la Black IPA. En émergence chez les brasseurs, ce style est encore à définir et peu d’exemples peuvent être considérés comme classiques, plutôt qu’en croisement entre différents autres styles. Une autre tendance est un peu plus sombre : certaines brasseries devront fermer. Les États-Unis n’ont jamais eu autant de brasseries en opération, les grandes brasseries n’ont jamais été aussi grandes, si bien que la pression sur les petits brasseurs deviendra de plus en plus grande.

Pour voir les différentes tendances

Bottle Release – Un guide des meilleures pratiques

Le 30 janvier dernier, un grand contingent d’enthousiastes de la bière du Québec et d’ailleurs étaient conviés à St-Jérôme pour un événement couru : le marché annuel de la Brasserie Dieu du Ciel, où la célèbre brasserie québécoise distribuait une dizaine de ses bières les plus appréciées, la plupart en version vieillie en barriques de chêne. Cette année, les principaux attraits étaient sans doute la Pêché Mortel vieillie en fût de chêne de  bourbons, disparue en bouteille depuis 2013,  et deux nouveautés, la Pêché Mortel vieillie en fûts de Brandy et Cognac (communément appelée « Double Barrel ») ainsi que la Rigor Mortis Abt vieillie en fût de Brandy.

La foule, enjouée de pouvoir acheter ces produits prisés, s’est présentée en masse devant la brasserie, de sorte qu’à l’heure d’ouverture de vente, à 15h, plusieurs centaines d’amateurs étaient entassés en file, certains attendant depuis le matin. La bonne humeur a fait place à la déception pour beaucoup, puisque devant le succès de l’événement, Dieu du Ciel n’a pas pu avoir des quantités suffisantes de ses bières les plus prisées pour fournir à la demande. La principale frustration des amateurs venait du fait que les limites d’achat pouvaient sembler déraisonnables (les premiers arrivés ont pu s’acheter jusqu’à 48 bouteilles de la Pêché Mortel bourbon, une limite qui a vite passé à 24 bouteilles devant la ferveur populaire), de même que la lenteur du service, ou les gens arrivés dans la file à 13h (deux heures à l’avance) n’ont pu être servis qu’à 17h30 (2h30 après l’ouverture des portes). Les consommateurs présents se sont enflammés sur les réseaux sociaux à l’endroit de Dieu du Ciel samedi soir et dimanche, à la suite de l’événement.

Les gens assistant à des « bottle releases » n’en sont pas à leurs premières frustrations. La popularité grandissante de la bière artisanale surprend toujours plus les organisateurs d’événements. Y’aurait-il des bonnes pratiques que les brasseries pourraient adopter pour éviter les frustrations? J’en cible trois potentielles.

1 – La « loterie » d’Hill Farmstead

De plus en plus, l’engouement pour la brasserie Vermontoise Hill Farmstead devient presque ingérable. Pour éviter la cohue totale pour la version très prisée d’Anna vieillie en barrique de vin blanc, Ann, la brasserie a implanté un système de loterie ou les utilisateurs devaient débourser 5,37$ pour courir la chance de pouvoir gagner un billet, leur permettant de se présenter à une journée précise, pour acheter la fameuse Ann. De cette manière, les gagnants du tirage pouvaient être prévenus d’avance de la journée à laquelle ils devaient se présenter et étaient garantis d’obtenir le précieux nectar.

2 – Gestion de ligne à la « Winooski »

Le Beverage Warehouse de Winooski est sans aucun doute l’un des endroits les plus achalandés par les québécois afin de trouver de la Heady Topper ou de la Sip of Sunshine, ces deux Double IPA du Vermont aussi célèbres que rares. Le magasin gère les files de manière très intelligente. Chaque personne se présentant avant l’heure d’ouverture du magasin est comptée par un employé, qui divise ensuite le nombre de paquets de 4 canettes de bières par le nombre de personnes présentes. Les premières personnes, étant arrivées plus tôt, obtiennent une plus grande quantité, mais chaque personne présente avant l’ouverture est assurée d’obtenir au moins quelques canettes.

Lineup for Heady Topper!

Une photo publiée par Cody L (@codyrl) le

3 – La précommande par Internet de Dunham

Aucun système n’est parfait, mais la méthode Dunham me semble la plus près de la perfection. Avant chacun de leurs bottle release, Dunham crée une page web avec l’ensemble des produits offerts la journée même.  Les clients peuvent donc commander à l’avance leurs bières, afin d’être certains de ne pas se présenter à la brasserie le jour même et de revenir les mains vides.

Au final, les brasseries sont de plus en plus sollicitées par une grande quantité de consommateurs. Bien que les bières artisanales de qualité sont appréciées et prisées,  la gestion des brasseries se doit, elle, de ne pas être laissée au hasard. Plusieurs pratiques peuvent faciliter la gestion de ces événements, et les microbrasseries québécoises auraient avantage à innover leurs pratiques, pour ne pas s’aliéner une partie de leur clientèle.