La bière du dimanche : Dunham – Double Dose Sauternes

La Brasserie Dunham a été mentionnée à quelques reprises dans les classements de Ratebeer pour les meilleures bières au monde de l’année 2015. Elle s’est fait notamment connaître pour sa créativité, sa tendance à vouloir s’éloigner de la norme avec ses bières plus expérimentales, ses mélanges audacieux, ses bières vieillies en barriques, mais également pour brasser des bières classiques d’excellentes qualités. Sa Pale Ale Américaine, par exemple, disponible à l’année, est parmi les meilleures Pale Ales brassées au Canada.

Dunham a pris un peu par surprise les détaillants au début de janvier, en sortant en même temps pour la première fois en bouteilles trois nouveaux produits, l’Assemblage Hors-Série Jane Doe #4, la Saison Fleurs Réserve, ainsi que la Double Dose Sauternes.

La Double Dose est une India Pale Ale vieillie en barrique de Sauternes pendant 10 mois, à laquelle on a ajouté à la recette de la microflore de Sauternes. Déjà, faire vieillir une IPA va à contresens de la tendance actuelle au Québec, alors que la plupart des brasseurs préfèrent que leurs IPA soient distribuées alors qu’elles sont le plus fraîches possibles.

Critique

Couleur : D’un corps orangé, on remarque que le vieillissement en barriques ainsi que l’ajout de microflores altère considérablement l’effervescence qu’on a généralement d’une IPA.

Arômes : Au nez, ça sent énormément les levures sauvages, un petit aspect sucré et fruité qui est très agréable ainsi qu’une teinte boisé.

Goût : En relation avec les arômes, le goût est très surprenant, alors que l’on goûte beaucoup plus le côté amer d’une IPA, ainsi que l’aspect très vineux de la barrique. L’amertume et le vieillissement donne une finale très sèche à la bière, qui nous fait grandement oublié le côté sucré des houblons que l’on sentait au départ.

Appréciation : L’amertume et la finale sèche prennent trop de place, à mon avis, dans la bouche. Les deux aspects font perdre l’équilibre au restant de la bière, ce qui peut rendre la bière difficile à terminer.

3,3 / 5

Pour voir ma notation de la Double Dose Sauternes.

La bière au Québec : un milieu sexiste?

Je ne ferai sursauter personne en avançant qu’on a souvent accusé, jusqu’à aujourd’hui, les géants Molson et Budweiser de proposer un marketing empreint de sexisme. Le sexe, c’est bien connu, ça fait vendre. Toutefois, la bière, jusqu’à tout récemment l’apanage de quelques grands brasseurs, voit de plus en plus de petits joueurs s’établir. Ces petits joueurs, selon Jean-Francois Nadeau du Devoir, utiliseraient les mêmes tactiques publicitaires que les plus grands, en se servant du sexe féminin pour vendre. Dans son article En bière, Nadeau analyse qu’à travers des noms de bières et des étiquettes pouvant être interprétées comme sexistes, le Québec perpétue un héritage brassicole où la force de travail est principalement masculine, un peu comme à l’époque des tavernes, et où le public cible est lui aussi très masculin. Sur les médias sociaux, l’article a fait beaucoup réagir les enthousiastes de microbrasseries québécoises.

Il est important de préciser que c’est loin d’être la première fois qu’on accuse le milieu de la bière artisanale d’être sexiste. Will Gordon du populaire site Slate écrivait l’été dernier que l’image de marque de plusieurs brasseries artisanales américaines objectifiaient carrément la femme à travers étiquettes et noms de bières de très mauvais goût. Du côté du Québec, on se doit de citer le malheureux exemple du Corsaire, à Lévis, qui avait fait controverse à l’automne 2013 en baptisant deux de ses bières la « Tite Pute » ainsi que la « Vicieuse », de même qu’en ayant des stratégies de communication douteuses.

Pourtant, le public cible des microbrasseries québécoises n’est pas celui qu’on pourrait se l’imaginer. Alors que pour la bière en général, 60% de la production est consommée par les hommes, la donne n’est pas la même pour la bière artisanale, où les ventes selon le sexe sont beaucoup plus équilibrées. Encore plus surprenant, chez les 21 à 35 ans, un des principaux groupes cible des brasseries, les femmes achètent plus de bières que les hommes. Les gestionnaires du milieu sont-ils en train de fermer les yeux à un message aussi probant?

De dire que tout le mouvement des microbrasseries, en général, est sexiste, serait toutefois manquer de nuances. Plusieurs exemples de bières ont été brassés avec des influences positives féminines en tête. Je pense notamment à l’Affranchie des Brasseurs du Monde, lancée à l’occasion de la journée de la femme de l’an dernier, où, pour chaque vente de bouteille, 50¢ étaient remis à l’organisme Avenue Profession’elle, un organisme venant en aide aux femmes en difficulté financière en les orientant vers des milieux de travail non traditionnels. Je pense également à la Flacatoune, de la Microbrasserie Charlevoix, cette bière blonde « intelligente », telle que son étiquette l’indique, à l’image de la femme bootlegger des années ’30.

Enfin, la microbrasserie Charlevoix m’amène à parler des microbrasseries elles-mêmes. On a souvent l’impression, à côtoyer le milieu des brasseurs, qu’il s’agit d’un jeune boys club. Toutefois, de plus en plus de femmes prennent des places importantes dans l’univers brassicole québécois. Caroline Bandulet, à Charlevoix, est directrice marketing de l’entreprise, qui est l’une des plus grandes de la province. Catherine Dionne-Foster a lancé la Korrigane, à Québec, qui jouit d’une belle réputation. Laura Urtnowski, première brasseuse au Québec chez Boréale, a carrément inventé un nouveau style de bières au Québec!

En conclusion, est-ce que le milieu des brasseurs est plus sexiste que la société en général? N’étant pas impliqué professionnellement dans ce milieu, j’ai beaucoup de difficultés à avoir une réponse claire. Toutefois, de mettre toutes les microbrasseries dans le même panier et d’associer les actions de quelques-uns à l’ensemble d’un mouvement est simpliste et manque de rigueur. Des tonnes d’exemples me font croire que la condition de la femme est prise au sérieux par les brasseries québécoises et que le sexisme est plus près de l’exception que de la règle. Toutefois, c’est notre devoir de citoyens de voir à ce que ces exceptions ne se reproduisent pas.

La bière du dimanche : Dieu du Ciel – Hérétique

 

Dieu du CielHérétique

Blonde « funky » – 7%

Bouteille de 341ml

Pour les enthousiastes de bières au Québec, la microbrasserie Dieu du Ciel est de loin l’une des brasseries les plus incontournables lorsque l’on commence à s’intéresser à des bières autres que celles des grandes marques connues. C’est donc toujours un plaisir lorsque la brasserie montréalaise, dont les quartiers-généraux sont depuis quelques années déménagés à St-Jérôme, embouteille des bières à édition limitée. C’est le cas notamment avec le coffret Anthologie qu’elle a sortie peu avant Noël, pour donner en quelque sorte un cadeau à ses plus fidèles clients. Bien que le coffret soit centré sur trois différentes déclinaisons de la Dernière Volonté, du côté des amateurs, c’est l’Hérétique qui a retenu le plus l’attention. On a devant nous une bière sûre, avec des brettanomyces, vieillie en barrique de chêne.

Je célèbre la victoire du #CH d’avance. #GoHabsGo #DieuDuCiel #DDC #Hérétique #craftbeer #instabeer #beergeek #beerporn

A photo posted by Eric Tremblay (@erictremblay1982) on

Critique

Couleur : L’Hérétique présente une belle couleur blonde aux reflets dorés. Comme c’est souvent le cas avec les bières sûres, l’effervescence est assez limitée.

Arômes : Au nez, on sent beaucoup l’odeur des souces de brettanomyces qui semblent très présentes dans la bière. On sent également un corps assez fruitée, ainsi qu’une petite touche boisée.

Goût : Dès la première gorgée, on goûte à une explosion de fruits tropicaux, comme les ananas, les fruits de la passion, et les pamplemousses. À cette bonne dose de sucre, on détecte également la saveur très distinguable des brettanomyces, et une belle finition juste assez sûre.

Appréciation : C’est franchement bien fait. La brett, ça peut être une arme à deux tranchants pour les brasseurs. Le défi, à mon humble avis, avec les levures actives, c’est d’ajouter au profil de saveur avec la brett, et non pas de cacher complètement le profil existant. Ce défi est entièrement accompli par les brasseurs de Dieu du Ciel, qui, à travers l’Hérétique, offrent un breuvage d’un étonnant équilibre entre les saveurs fruitées, sûres et de levure. Définitivement une bière à essayer.

4,1 / 5

L’Hérétique sera en vente au 8e marché annuel d’anniversaire de Dieu du Ciel à sa brasserie de St-Jérôme, le 30 janvier 2016 dès 15h.

Pour voir ma notation de l’Hérétique.

Tour d’horizon brassicole – 21 janvier 2016

Washington Post : America now has more breweries than ever. And that might be a problem.

Est-ce que trop d’une bonne chose devient une mauvaise chose? C’est du moins une possibilité selon le Washington Post. Avec désormais plus de 4,100 brasseries en opération aux États-Unis, il n’y en a jamais eu autant en opération qu’à l’heure actuelle. La vitesse à laquelle les nouvelles brasseries démarrent est également ahurissante, alors qu’en 2011, il y en avait seulement que 2000. Naturellement, la compétition entre ces brasseries devient de plus en plus grande, les brasseurs ayant une difficulté grandissante à se démarquer.

Chez les gestionnaires de broue-pubs, cette difficulté se fait également ressentir. Il devient de plus en plus compliqué de choisir quelles seront les bières à mettre en vedette, combien de lignes de fûts doit-on privilégier aux produits locaux face aux produits distribués nationalement.

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Expansion chez Founders

La brasserie Founders, de Grand Rapids au Michigan, entreprendra au cours des prochaines semaines une expansion de sa brasserie, avec l’achat d’une deuxième usine de production. Ce second lieu de brassage aura toutefois une vocation spéciale : elle servira de lieu d’expérimentation pour l’entreprise avec les bières expérimentale, barriquée ou à haute gravité.

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De plus en plus de bières brassées avec des ingrédients locaux?

Si l’on en croit la tendance dans le milieu de la restauration, de plus en plus de brasseries commenceront à avoir leurs propres productions agricoles locales, pour créer des bières « de la ferme jusqu’au fût ». En effet, avec des exemples comme chez Jester King ou, plus près de nous, chez Auval, il y a définitivement un attrait grandissant à créer un produit tout à fait local, et le phénomène des fermes brassicoles se développe. Selon les auteurs, créer une bière avec des ingrédients provenant du milieu de la brasserie elle-même deviendra un attrait majeur pour se démarquer de la concurrence.

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Le meilleur de la bière artisanale scandinave

En voyage en Scandinavie? De la Norvège à la Suède en passant par le Danemark, l’article retrace quelles sont les meilleurs endroits à aller pour déguster quelques-uns des meilleurs produits offerts dans la région des vikings.

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